Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
10 avril 2009 5 10 /04 /avril /2009 00:42
Avec l'annonce de la fin de la prise en compte des immobilisations dans l'assiette de la taxe professionnelle, certains hommes politiques comme François HOLLANDE ont cru bon de poser cette question : mais qui va payer le manque à gagner pour les collectivités ? Si ce sont les entreprises cela ne sert à rien. Si ce sont les ménages cela va encore diminuer leur pouvoir d'achat.

En réalité cette question n'a aucun sens.

En effet, aujourd'hui, qui paie la taxe professionnelle ? C'est très simple : les ménages. Quand on achète un pot de yahourt on retrouve dans son prix une infime partie de la taxe professionnelle du producteur, une infime partie de la taxe professionnelle du transporteur et une infime partie de la taxe professionnelle du distributeur.
Il semblerait qu'un énarque comme François HOLLANDE n'ait jamais vu un compte d'exploitation.
Ainsi quel que soit le mode de compensation choisi (nouvel impôt pour les entreprises ou nouvel impôt pour les ménages) ce seront toujours les ménages qui paieront en bout de chaîne, comme cela a toujour été !
Cela me permet de dire au passage que lorsque Arlette Laguiller propose de mettre l'impôt sur les société à 50% pour financer son programme elle oublit de dire que ce sont les pauvres ouvriers qui devront payer la facture avec des prix plus chers en magasins...

Mais alors quel est l'intérêt de cette mesure ? Je pense que cette mesure vise simplement à mettre de l'équité fiscale entre les entreprises.
En effet, si Nicolas SARKOZY a bien expliqué que les cotisations de taxe professionnelle astronomiques que doivent acquitter les industries (puisqu'elles ont des immobilisations qui coûtent cher et en grand nombre) gênent leur compétitivité en se retrouvant dans le coût de revient et donc dans le prix de vente, il est rare d'entendre que cette taxe est particulièrement injuste. Pourtant une entreprise de services avec peu d'immobilisations et une très forte valeur ajoutée paiera une cotisation de taxe professionnelle ridicule. Pourquoi à valeur ajoutée égale une industrie devrait payer plus de taxe professionnelle qu'une entreprise de services ?

Alors, quelle est  la meilleure formule pour compenser cette perte de 8 milliards d'euros ?
A mon avis il semble qu'asseoir une nouvelle taxe sur la valeur ajoutée entraînerait une véritable équité entre toutes les entreprises (et entre toutes les collectivités aussi soit dit en passant). Pour les industriels qui voudront exporter, la charge de cette nouvelle taxe sera toujours moins importante que la taxe professionnelle d'aujourd'hui puisqu'elle sera équitablement répartie sur toutes les entreprises. Ils pourront ainsi baisser leurs prix et être plus compétitifs. C'est ce qui était recherché, cela tombe bien !
Repost 0
Published by l'avocat du diable - dans Réflexions
commenter cet article
2 avril 2009 4 02 /04 /avril /2009 23:44

Après la fabrique du crétin de Jean-Paul BRIGHELLI j'ai envie de pousser un coup de gueule sur ce que l'on pourrait appeler la fabrique du mouton à cinq pattes dans l'enseignement supérieur.

 

Les directeurs et autres responsables de formations se doivent de trouver les meilleures stratégies possibles pour assurer une entrée dans la vie active à des étudiants qui demandent un retour sur investissement... Et qui ont la facheuse tendance de choisir leur formation en fonction.
Sur les bons conseils des professionnels des Ressources Humaines, l'enseignement supérieur français axe tout sur le CV. Il faut un bon CV. Mais puisque la différence ne peut se faire sur le parcours estudiantin, puisqu'à diplôme égal toutes les formations se valent (en tout cas cela paraît logique sur le papier),  le jeune diplômé doit faire la différence sur d'autres aspects.

Ainsi on explique en partie le chômage des jeunes par un manque d'expériences professionnelles valorisantes et en rapport avec le diplôme. Qu'à cela ne tienne ! Tous les cursus ont intégré dans leur scolarité, et cela a commencé dès les années 80, au moins une période de stage obligatoire de manière à qualifier la jeunesse avant leur entrée sur le marché du travail.

Malheureusement le chômage des jeunes n'a pas régressé pour autant. Alors il a fallu inventer autre chose. Je ne sais pas trop comment cela s'est passé mais j'imagine qu'un expert en Ressources Humaines s'est manifesté avec une idée révolutionnaire : l'ouverture d'esprit. Vous comprenez, il faut que le student soit open-minded sinon point de salut !
Qu'à cela ne tienne ! Tous les cursus ont intégré dans leur scolarité (bis) la possibilité, voire l'opportunité c'est plus smart, de partir à l'étranger pour valider un semestre ou même obtenir un double diplôme.

Mais cette ouverture sur le monde, organisée correctement et franchement à partir du mileu des années 90, n'a pas forcément donné toutes les armes aux jeunes diplômés pour éviter le chômage.
Alors il a fallu inventer autre chose depuis le début des années 2000... Là non plus, je ne sais trop comment l'idée a germé. Cela se met en place moins facilement car trouver des bons professeurs de chinois ou de japonais n'est pas forcément évident ! Non tous les cursus n'ont pas encore pu aujourd'hui intégrer dans leur scolarité des cours de langues asiatiques... Ce n'est qu'une question de temps sans doute.

En réalité, à force de tout miser sur le CV, l'enseignement supérieur français produit des moutons à cinq pattes et ce dans le même moule. Ah oui, les jeunes diplômés sont bons sur tous les tableaux. C'est peut-être pour cela qu' ils se ressemblent tous.

Face à cette production uniforme et finalement insipide pour les recruteurs, les spécialistes des Ressources Humaines ont trouvé leur dernière marotte. Puisque le savoir-faire est le même quel que soit le jeune diplômé, ce qui compte désormais c'est le savoir-être. Apprendre à être étant difficile à mettre en place on peut se dire qu'au moins les recruteurs ont trouvé le crititère qui va faire la différence.
On peut aussi se dire que cette surenchère sur les acquis est un fiasco ou un beau gâchis si le jeune diplômé ne peut plus avoir la certitude que ses efforts de qualification seront récompensés au seul prétexte d'une poignée de mains moîte.

Repost 0
Published by l'avocat du diable - dans Réflexions
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de l'avocat du diable
  • : Si j'en crois ce que j'entends ou lis ici et là j'ai l'impression d'être à contre-courant des polémiques ou des canardages médiatiques. Je vais donc me faire l'avocat du diable quand le besoin s'en fera sentir.
  • Contact

Recherche

Catégories

Liens