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27 avril 2010 2 27 /04 /avril /2010 09:52

Suite à mes articles de l'année passée sur les frais réels il convient aujourd'hui d'apporter deux informations importantes s'agissant de l'impôt sur les revenus de 2009.

 

S'agissant de la valeur du repas pris au foyer, elle est évaluée à 4,30 € pour 2009, contre 4,25 € en 2008.

 

S'agissant du barème kilométrique applicable aux automobiles et de celui applicable aux cyclomoteurs et autres motocyclettes, je vous donne le lien du bulletin officiel des impôts 5 F-12-10 :

 

http://www11.minefi.gouv.fr/boi/boi2010/5fppub/textes/5f1210/5f1210.pdf

 

Non seulement les deux barèmes sont présents mais ils sont accompagnés d'exemples de calculs parfaitement accessibles.

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20 avril 2010 2 20 /04 /avril /2010 23:00

La grande période fiscale du printemps vient d'être lancée par le Ministre François BAROIN. Dans une conférence de presse il a précisé l'agenda 2010 pour l'impôt sur les revenus 2009. Une surprise de taille concerne les déclarations par internet car le zonage par vacances scolaires (A, B ou C) n'est plus. Pour les habitués de la souscription en ligne il conviendra d'être particulièrement vigilants. Les Bordelais auront par exemple une semaine en moins pour souscrire par internet par rapport aux années précédentes.

 

 

Il faut donc retenir les dates suivantes :

 

Réception des déclarations : entre le 20 avril et le 5 mai 2010.

 

Déclaration par internet possible dès le 26 avril 2010.

 

Date limite de dépôt de la déclaration papier : 31 mai 2010 minuit.

 

Dates limites des souscriptions des déclarations en lignes :

 

Zone 1 : départements du n°1 au n°19 :  10 juin 2010 minuit.

 

Zone 2 : départements du n°20 au n°49 : 17 juin 2010 minuit.

 

Zone 3 : départements du n°50 au n°974 (Réunion) : 24 juin 2010 minuit.

 

Reste du monde : 30 juin 2010 minuit sauf pour l'Amérique du Sud, l'Océanie et l'Asie : 15 juillet 2010 minuit.

 

 

Pour information l'avis d'imposition sur les revenus 2009 sera envoyé entre la dernière quinzaine d'août et la première quinzaine de septembre 2010.

 

Bon courage !!

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1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 23:40

Mais quelle mouche m'a piqué ? Comment ? Il en reste encore pour défendre le bouclier fiscal ? Comme je l'avais signalé en 2009 dans deux articles portant sur le même sujet (B comme Bouclier fiscal et Bouclier fiscal : 719 c'est moins que 649 !), le bouclier fiscal étant un diable, je ne peux que le défendre. Et je n'ai pas changé d'avis, figurez-vous !

 

Diable ? J'ai en fait du mal à trouver un mot encore plus fort. En 2009 l'U.M.P. soutenait cette mesure et avait d'ailleurs rejeté sans aucun problème toutes les tentatives parlementaires socialistes pour abroger ce dispositif. Aujourd'hui, des parlementaires de la majorité doutent, sans aucun argument économique valable et donnant raison ainsi à la gauche.

Avant d'entrer dans le fond du sujet je refais remarquer que le personnel politique de l'U.M.P., cadres, ministres, parlementaires, sont particulièrement décevants quand il s'agit de défendre la politique conduite par l'exécutif. Aucun argument pour faire mouche. Aucune explication valable. Aucun raisonnement. Aucun sens politique. Non. Sur les plateaux on subit, on divague, on ne maîtrise pas grand chose... Et la gauche s'engouffre et gagne la bataille de l'opinion. Ce sera un peu trop facile de tout mettre sur le dos de Nicolas SARKOZY en cas de défaite aux législatives de 2012.

 

Les médias s'y mettent. Quand je parle des médias je veux parler des éditorialistes de la presse écrite et de ceux qui dépensent de l'argent pour faire des sondages sur le sujet.

Les éditorialistes ne sont pas tendres avec Nicolas SARKOZY, faisant un copier-coller de l'argumentaire de la gauche : le Président de la République n'entend rien suite aux élections régionales. Avec la défaite de l'U.M.P. les Français ont voulu dire qu'ils voulaient plus de justice sociale... Et donc qu'ils souhaitaient l'abrogation du bouclier fiscal. Je crois qu'en matière de malhonnêteté intellectuelle on peut difficilement faire mieux. Certes on avait l'habitude que les éditorialistes fassent parler les morts. DE GAULLE aurait fait ci, MITTERRAND aurait dit cela. Là c'est encore mieux : on fait parler les Français. 50% des Français n'ont pas voté, et les deux tiers des votants ont indiqué dans les sondages qu'ils votaient exclusivement pour des considérations régionales. Bref. Dire que le Chef de l'Etat n'entend pas le message des Français en n'abrogeant pas le bouclier fiscal est une déduction partisane qui n'a aucun crédit.

S'agissant des sondages de cette semaine, on apprend que 80% des Français sont désormais contre le bouclier fiscal. Dans cette masse de Français certains veulent une abrogation pure et simple, d'autres une simple suspension. La bataille de l'opinion est donc actuellement perdue, on ne peut pas le nier. Mais enfin il y a quelque chose que je veux faire remarquer. Les Français aiment à dire qu'ils ne comprennent absolument rien à la fiscalité. Les lois seraient trop complexes et si on pouvait d'ailleurs simplifier tout cela ce ne serait pas du luxe... Je note avec délice que ces Français qui ne comprennent habituellement rien à la fiscalité, d'après leurs dires, ont en revanche compris tout le dispositif du bouclier fiscal. Ils maîtrisent parfaitement le sujet. Chose assez curieuse, surtout lorsque l'on sait que les services des impôts refusent parfois des demandes à bénéficier du bouclier fiscal pour des raisons de mauvaise interprétation des textes. J'en déduis que si certains fiscalistes se trompent la probabilité est forte pour que le dispositif soit plus complexe qu'on ne le pense.

 

Alors quels sont les arguments déployés par la gauche et par certains membres de l'U.M.P. (principalement des partisans de DE VILLEPIN) pour remettre en cause le bouclier fiscal ?

Il s'agit principalement d'un argument typique de lutte des classes, opérant une dichotomie de la société avec d'un côté les très riches et de l'autre les pauvres... Et pour rallier plus largement à la cause on ajoute même la classe moyenne aux pauvres.

Alors pour résumer : on a d'abord les très riches qui ne paient déjà aucun impôt sur le revenu grâce aux niches fiscales et qui en plus bénéficient d'un chèque du Trésor Public grâce au bouclier fiscal. Et la solidarité nationale ? Surtout en période de crise ?

On a ensuite les pauvres et les classes moyennes, n'existant que pour subir la détresse sociale, le chômage et les prélèvements fiscaux et sociaux en tous genres.

J'avoue que je suis assez fier de ce résumé. L'exercice qui consiste à faire du Marx en 2010 n'est pas désagréable et je comprends la gourmandise de la gauche et même de certains parlementaires dits de la majorité.

 

Pour autant il convient de rappeler un certain nombre de choses...

D'abord que le bouclier fiscal est un dispositif qui permet de limiter à 50% de son revenu fiscal de référence la somme constituée de l'I.S.F., de l'impôt sur le revenu, des prélèvements sociaux et des taxes locales relatives à l'habitation principale. Pour chaque contribuable il y a donc un rapport avec au numérateur le revenu fiscal de référence et au dénominateur la somme qui vient d'être détaillée.

On remarque alors que la vérité générale consistant à dire que les riches ne paient pas d'impôt sur le revenu grâce aux niches fiscales tout en bénéficiant du bouclier fiscal est assez contradictoire. Car pour bénéficier du bouclier fiscal le contribuable a "intérêt à payer le maximum d'impôts" ! Avec un impôt sur le revenu égal à 0, le contribuable enlève de facto un élément du dénominateur et enlève ses chances de bénéficier du bouclier fiscal. A moins d'avoir un énorme patrimoine générant un énorme I.S.F.... Mais là encore cela n'est pas très cohérent. Car l'énorme patrimoine va le plus souvent générer de gros revenus et donc de l'impôt sur le revenu. Il faut rappeler de plus que la plupart des niches fiscales sont plafonnées, souvent non reconductibles (il est rare que l'on installe une pompe à chaleur chaque année) et constituent toujours une sortie d'argent pour le contribuable ce qui profite à l'activité économique. Cependant il est des situations où l'impôt sur le revenu est faible et où l'I.S.F. est important : il s'agit par exemple du fameux retraité de l'Ile de Ré qui a une petite retraite, classé sans complexes dans la catégorie des très très riches du fait de la valeur de sa résidence principale. On note que ce très très riche n'a pas besoin de niches fiscales pour payer un impôt sur le revenu faible ou inexistant.

 

On dit aussi que les pauvres ont une propension à consommer plus importante que celle des riches, en appliquant les enseignements de Keynes. Ainsi cet argent dépensé pourrait être donné aux plus démunis au nom de la justice sociale. Il est vrai que si on distribuait la somme allouée au bouclier fiscal aux 8 millions de personnes qui vivent en-dessous du seuil de pauvreté, elles auraient 6 euros de plus par mois pour vivre, de quoi relancer la consommation de manière avantageuse...

Sauf que le constat économique dit autre chose : le niveau de la consommation des Français est très haut et résiste même à la crise économique. En revanche la France est en panne du fait d'un sous-investissement chronique, qui nous vient d'avant la crise. Or pour plagier Keynes, les plus favorisés ont une propension à investir plus importante que celle des plus modestes. On a donc besoin que les Français qui en ont les moyens investissent fortement. Cela vaut non seulement pour ceux qui bénéficient déjà du bouclier fiscal, mais cela vaut surtout pour ceux qui ont les moyens d'investir, qui ne bénéficient pas aujourd'hui du bouclier fiscal, et qui se disent qu'en investissant ils ne devront pas payer plus de 50% de ce qu'ils ont gagné. Je note sur  ce point que tous les pays qui nous entourent l'ont compris. Ainsi le gouvernement socialiste espagnol a décidé dans son plan de relance de supprimer l'I.S.F.... La France est donc le dernier grand pays d'Europe à avoir l'I.S.F., sans doute parce que la France fait toujours mieux que les autres.

 

S'agissant des plus pauvres, fortement secoués par la crise, ce débat laisse à penser que l'Etat les a abandonnés. Oui parce que Nicolas SARKOZY et l'U.M.P. n'aiment que les riches. Pourtant cette caricature ne résiste pas à l'épreuve des faits. D'abord la moitié des contribuables ne paient pas l'impôt sur le revenu, 25% des contribuables sont exonérés de taxe d'habitation (bénéficaires de minimum vieillesse, R.S.A. etc) et 25% paient une taxe d'habitation allégée du fait de leurs revenus. Il faut rappeler que lorsqu'on est exonéré de taxe d'habitation, on est également exonéré de redevance télé... Il existe donc des boucliers fiscaux qui ne veulent pas dire leur nom. Je note au passage que demander aux Français à l'occasion de sondages, dont la motié ne paie pas l'impôt sur le revenu, s'ils sont pour que leurs voisins dit riches en paient plus, est un peu, comment dire, particulier...

Mais il est vrai que l'Etat n'aide pas les plus modestes. Non. Sauf que 20% des Français, les plus pauvres, bénéficient de 60% du montant des prestations sociales (familiales, logement et minima sociaux) selon un rapport du Sénat. Or ce total est d'à peu près 80 milliards d'euros. Notre Etat, qui n'aime pas les pauvres, distribue donc chaque année 48 milliards d'euros à 20% de la population, encore une fois la plus modeste. Il est fait remarquer ici qu'on ne parle pas des retraites, des allocations chômage ou encore des dépenses de santé. Si on devait tout sommer cela représenterait au passage 550 milliards d'euros, soit plus d'un tiers de notre P.I.B. ou de notre création de richesses.

A cet Etat n'aimant pas les pauvres, qui ne pratique aucune redistribution, faut-il rappeler que le plan de relance de l'économie a permis d'augmenter certaines prestations ou encore de supprimer le deuxième tiers et le solde pour l'impôt sur le revenu de la 1ère tranche ? Non, ce n'est pas la peine. L'Etat préfère les riches, en leur donnant 600 millions d'euros dans le cadre du bouclier fiscal.

 

600 millions d'euros pour les riches ? Cette donnée du problème maintes fois entendue ou lue dans les médias est une absurdité qui a pris le statut de vérité. Pourtant la vérité est ailleurs...

60% des bénéficiaires du bouclier fiscal ne paient pas l'I.S.F.. Mieux, le bouclier fiscal bénéficie aux plus modestes d'entre nous. Prenons un exemple simple pour bien comprendre : un célibataire, 50 ans, dans la classe moyenne, propriétaire de son logement. Il perd son emploi et malheureusement du fait de la conjoncture il arrive en fin de droit. Il bénéficiera cependant d'une aide type R.S.A. qui l'exonérera de la taxe d'habitation. Sauf que la taxe foncière devra être payée ! Comme le R.S.A. est non imposable et comme notre Français n'a pas d'autres revenus par ailleurs, son revenu fiscal de référence sera nul. Il bénéficiera néanmoins du bouclier fiscal s'agissant de la taxe foncière. Comme on le voit la classe moyenne n'est donc pas abandonnée. En cas d'accident de la vie (chômage, accident du travail pour un indépendant, etc) le bouclier fiscal permet de faire face quelque peu et peut-être d'éviter de céder son logement pour pouvoir payer... une taxe foncière.

 

En conclusion le débat d'aujourd'hui est particulièrement malsain. On essaie par tout moyen de diviser les Français, même de pointer du doigt des Français, dans une période où tous devraient tirer dans le même sens. La balle est aujourd'hui dans le camp de la majorité : il n'est jamais trop tard pour sauver un dispositif en le défendant correctement.

 

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30 mars 2010 2 30 /03 /mars /2010 23:31

Certes le titre peut paraître un peu sévère. Mais après avoir annoncé la semaine dernière la création d'un nouveau mouvement politique, Dominique de Villepin a reçu les éloges des journalistes. Je ne peux résister à la tentation de leur répondre et de démontrer par la même occasion que le flamboyant avocat avait perdu toute crédibilité à la suite de son monologue style Premier Empire.

On se demande d'abord d'où vient ce retournement d'opinion au sein des rédactions, rédactions qui avaient toutes fustigé le Premier Ministre depuis les débuts de l'affaire Clearstream. Il ne parle pas à un camp, il parle à la France, pouvait-on lire. Ou encore : Quel lyrisme ! Il a réussi à faire pleurer son auditoire. Bref, en plus des 200 caméras, les violons étaient de sortie. En réalité il est très difficile de ne pas voir l'appétence des journalistes pour des divisions éventuelles au sein de la majorité présidentielle. Quelle gourmandise !!

 

Alors, pourquoi Dominique de Villepin n'est pas crédible ? D'une part parce que son propos est faux et incohérent et d'autre part parce que sa stratégie n'a pas d'avenir.

 

Tout son propos est faux et incohérent. Le bouclier fiscal ? Il l'a mis en place avec son ministre Copé. Une cinquième tranche d'imposition à l'impôt sur le revenu ? C'est lui, à nouveau avec Jean-François Copé, qui a décidé de passer de 6 tranches d'imposition à 4 (en ne comptant pas la première à 0%).

La majorité a appuyé sur les boutons "burqa" et "sécurité" pour faire augmenter l'U.M.P. dans les sondages ?

S'agissant de la burqa, demandons au député de Vénissieux, le communiste André Gérin, ce qu'il en pense... Ayant mis le problème sur le devant de la scène en juin 2009 avec des députés de tous bords, il a présidé la mission d'information parlementaire sur la pratique du port du voile intégral sur le territoire national. On doute qu'il ait fait tout cela pour favoriser l'U.M.P..

Concernant les problèmes de sécurité, Dominique de Villepin ne peut cacher qu'ils existent... Il les connaît fort bien, lui qui a été Ministre de l'Intérieur sous Raffarin et lui qui a dû "gérer" les émeutes d'octobre 2005 en déclarant l'état d'urgence. L'U.M.P. n'a pas besoin d'appuyer sur un bouton pour que les Français soient victimes ou spectateurs de violences ou autres dégradations.

 

Mais plus encore que le propos, la stratégie de l'ancien Premier Ministre ne tient pas la route et n'a aucun avenir. Il nous fait du François Bayrou. Comme lui, il pense que la République est en danger car les médias sont sous-contrôle du pouvoir, de Nicolas Sarkozy en clair. A cet effet, tout comme le Président du Modem,  il a signé l'Appel républicain de Marianne, sorte de jus d'encéphale imbuvable qui, notamment, tenait à réaffirmer l'attachement des signataires à l'indépendance de la presse et au pluralisme de l'information.  A voir le nombre de journalistes à sa conférence de presse et les papiers qui ont suivi, cet appel semble avoir été... entendu. En même temps, puisque seuls 17 personnalités avaient signé le fameux et fumeux appel, on peut se dire qu'il n'y avait peut-être pas matière à s'inquiéter.

Tout comme François Bayrou, il veut remettre en cause le bouclier fiscal et mettre en oeuvre une politique économique et sociale dite solidaire... Sauf que, alors que François Bayrou avait défendu bec et ongle le C.I.P. de Balladur, notre cher Dominique de Villepin, lui, a créé le C.P.E.. Dans les deux cas les projets ont été retirés, car jugés trop libéraux... donc non solidaires... par la jeunesse. On n'en dira pas plus, le nombre de manifestants dans les rues semble suffire.

Tout comme François Bayrou, Dominique de Villepin ne s'adresse ni à son camp d'origine, ni à la gauche. Il est au-dessus de tout cela, lui. Bref. Il y en a un qui a cru que tout était arrivé et on connaît la suite avec le désastre des régionales 2010. L'autre, se pose en concurrent et en copie, pour se partager 4% des voix...

 

On me dira toutefois que si Dominique de Villepin se présente, il fera un bon score, en prenant certes des voix au Modem mais aussi à l'U.M.P.. Oui. Et c'est là tout le problème. Que fera-t-il de ses suffrages ? Peut-il appeler à voter pour Nicolas Sarkozy au second tour ? Si son entreprise ne sert qu'à faire perdre Nicolas Sarkozy alors effectivement on pourra dire qu'il n'est pas l'homme d'un camp. On pourra même dire qu'il a marqué contre son camp, pas à l'aide de sa main, mais grâce à ses effets de manchette qui semblent abuser pas mal de monde.

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24 mars 2010 3 24 /03 /mars /2010 21:51

Les trois jours qui ont suivi le second tour des élections régionales sont tout simplement invraisemblables... On va encore dire que je tape sur les journalistes... Mais comment faire autrement avec les quatre exemples suivants ?

1/ A la suite du remaniement du gouvernement, M6 a posé une question fort intelligente à ses téléspectateurs internautes : "le remaniement ministériel répond-il à vos attentes ?". A plus de 70% les internautes ont voté NON... C'est à peine croyable !! Mais sérieuxement, à quoi cela rime de poser des questions qui ne servent à rien ?
Comment ? Les 54% d'électeurs votant pour la gauche au second tour auraient dû se satisfaire de l'entrée de François BAROIN au gouvernement ? Voilà un degré de stupidité rarement atteint.

2/ Au départ de Xavier DARCOS du Ministère du Travail une journaliste a cru bon de rappeler qu'ayant perdu aux municipales et aux régionales, le ministre partant n'avait aucun mandat. Cette réflexion laisse entendre que le pauvre soldat Darcos allait connaître les joies de la traversée du désert. Mais cette réflexion fait aussi terriblement écho avec mon article précédent mettant en relief que les journalistes n'avaient strictement rien compris au mode de scrutin des élections régionales. Xavier DARCOS a été élu conseiller régional dimanche soir et a donc bien un mandat. Rappelons qu'ayant été battu à Périgueux aux municipales de 2008 il avait également un mandat de conseiller municipal. Mais il a décidé d'y renoncer.

3/ L'ouverture c'est fini, ont raillé tous en coeur les éditorialistes qui, malgré leur niveau d'instruction et de savoir, semblent eux-aussi avoir des difficultés de compréhension. L'ouverture à gauche n'a jamais voulu dire qu'elle se faisait uniquement pour des postes ministériels. Depuis la campagne électorale de 2007 nous savons ce que l'ouverture au sens "sarkoziste" signifie : il s'agit pour chaque poste (certes ministre ou secrétaire d'état, mais aussi préfet, dirigeant d'une entreprise publique ou d'un organisme public, responsable d'une mission ou d'un comité, etc) de choisir le meilleur, quelle que soit son orientation politique.
Alors pourquoi parler de la fin de l'ouverture ? Parce qu'aucune personnalité de gauche n'est entrée au gouvernement ? Je note qu'au précédent remaniement aucune personnalité de gauche n'était entrée non plus, puisque Frédéric MITTERRAND n'était pas étiqueté à gauche par le parti socialiste. Parce que Martin Hirsch a quitté le gouvernement (à sa demande d'ailleurs) ? Nicolas SARKOZY l'a nommé Président de l'Agence Nationale du Service Civique... Etrange cette fin de l'ouverture !!

4/ La taxe carbone, carbonisée !! L'idée ici, pour les journalistes, est de démontrer que non seulement le Président de la République recule, mais qu'en plus il ne respecte pas la charte Hulot sur l'environnement signée par la quasi totalité des candidats à l'élection présidentielle. Mais les journalistes ne se sont pas arrêtés là. Non. Le sommet de la médiocrité a été atteint en se précipitant vers Cécile Duflot ou Noël Mamère pour recueillir leur dépit et surtout leurs simagrées.
Mais les journalistes se moquent de qui ?
S'agissant des Verts, Cécile Duflot en tête, ils étaient contre la loi votée à l'automne dernier car elle était inefficace pour l'environnement et injuste socialement ... La vidéo suivante le montre très bien (si vous arrivez à écouter les deux premières minutes !)


S'agissant de l'histoire de cette taxe carbone, les journalistes manipulent l'opinion en se focalisant sur Nicolas SARKOZY et son annonce de reporter cette taxe. Il convient en effet de rappeler :
- d'une part que la taxe carbone aurait dû s'appliquer dès le 1er janvier dernier si les socialistes n'avaient pas saisi le Conseil Constitutionnel. On note au passage la cohérence de la gauche solidaire sur le sujet : on a d'un côté des écologistes contre mais scandalisés aujourd'hui de l'ajournement de la taxe, et de l'autre des socialistes d'abord contre et qui parlent aujourd'hui de recul du Président pour faire plaisir à sa majorité, comme s'ils avaient toujours soutenu la loi.
- d'autre part que la décision du Conseil Constitutionnel entraînait de facto une recherche d'une solution européenne, pour des raisons de compétitivité, malgré les premiers espoirs de l'exécutif pour trouver une solution franco-française. En effet le Conseil Constitutionnel avait retoqué un point de la loi qui prévoyait une exonération de la taxe carbone pour des usines, déjà soumises à une fiscalité verte (système européen des quotas de CO2).  Il est clair qu'on ne peut imposer deux fois nos usines, à moins de vouloir les faire disparaître. Dès lors seule une même taxe carbone s'appliquant à toutes les usines européennes est une voie de sortie juste et acceptable.


Bref. Niaiseries, fausses nouvelles et interprétations partisanes... Cela fait déjà beaucoup en trois jours mais que nous réserve cette fin de semaine ??







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22 mars 2010 1 22 /03 /mars /2010 09:53

Après la soirée électorale d'hier soir, il est temps de prendre du recul et d'établir le bilan de ces élections régionales 2010.
Je vais aborder ce bilan point par point mais si j'avais le malheur d'en oublier un n'hésitez pas à me le faire remarquer.


Une abstention inquiétante.

Avant d'évoquer à proprement parler de la très faible participation enregistrée à ce scrutin, je vais d'abord vous avouer que pour des raisons de santé je n'ai pas pu voter au premier tour. Il m'est donc venu cette réflexion, jamais abordée il me semble. Il existe, à chaque jour d'élection, un taux d'abstention incompressible tout comme il existe un taux de chômage incompressible largement étudié en macroéconomie. Il serait donc très intéressant qu'une étude soit menée sur le sujet pour non seulement établir le niveau de participation au-delà duquel nous ne pouvons pas aller et aussi pourquoi pas pour trouver des solutions pour le faire diminuer en modernisant notre législation. Diminuer un taux incompressible ? Il est en réalité incompressible dès lors que tout a été tenté pour le faire diminuer. Pour ma part j'aurais pu par exemple voter de mon lieu d'hospitalisation par internet ou sur une machine à voter.

Mais revenons à l'abstention. Les taux de 53,6% au premier tour et de 48,81% au second sont peu glorieux. Des études sortiront les prochains jours mais les raisons de ce désamour sont nombreuses. Il y a d'abord le contexte politique qui sera largement abordé ci-dessous. On peut toutefois faire remarquer qu'en plus d'une tradition établie qui veut que les élections régionales ne profitent pas à la majorité parlementaire, force est de constater que l'UMP a râté lamentablement ces élections. Il y a ensuite un contexte économique et social tendu, générant des situations humaines insupportables, qui ne permet pas à la moitié du corps électoral de préférer un camp à l'autre dans la recherche de solutions. Il y a enfin l'échec total de la "collectivité région". Un formidable gâchis. Tout d'abord il n'existe aucun enjeu véritable compte tenu des compétences données à la région. Le F.N. disait que l'U.M.P. votait 90% des projets socialistes. En réalité quand un lycée a besoin d'une rénovation il est difficile de voter contre. Ainsi la région intéresserait sans doute davantage les citoyens si elle avait plus de compétences moins consensuelles. Il y a enfin un mode de scrutin visiblement incompréhensible qui mérite à lui-seul un commentaire approfondi.


Un mode de scrutin visiblement incompréhensible.

Une tête de liste régionale, des listes départementales avec chacune une tête de liste, un scrutin à deux tours... Tout est fait pour que le "citoyen étalon" soit perdu et surtout désintéressé par ce mode de scrutin. On me dira tout de go : mais vous êtes qui pour dire que les citoyens n'y comprennent rien ??
Il ne s'agit pas de dire que les citoyens sont stupides, il s'agit de constater que ce mode de scrutin met une barrière entre le citoyen et le conseil régional. De plus quelques exemples précis suffisent à démontrer que les choses ne sont pas vraiment claires dans l'esprit des gens, même les plus avisés.

Je note d'abord qu'une très large majorité de Français ne connaît pas le nom de leur Président de région. La probabilité qu'il en soit ainsi pour les conseillers régionaux est très forte. Si vous avez un problème relatif au département vous savez que vous pouvez contacter votre conseiller général, sorte de mini-député attaché à un canton. Mais si vous avez un problème avec la région ? Vous contactez qui et où ? Ainsi le mode de scrutin à la proportionnelle éloigne de facto le citoyen du conseil régional en ne permettant pas à l'élu d'avoir un enracinement.

L'A.F.P. a titré une dépêche hier : tous les ministres candidats sont battus. Voilà un exemple précis qui montre que l'A.F.P. n'a rien compris au scrutin. Tous les ministres candidats, en place éligible (donc non en fin de liste), sont élus... Ils n'ont donc rien perdu du tout puisqu'ils ont tous "gagné" un poste de conseiller régional, le poste d'ailleurs qu'ils visaient car peu étaient finalement têtes de liste régionale.

Au soir du premier tour beaucoup ont discuté l'absence de réserve de voix pour l'U.M.P. alors que dans de nombreuses régions la gauche était arithmétiquement majoritaire. Là encore les médias ont montré qu'ils n'avaient rien compris au scrutin... Car un camp peut très bien être majoritaire en voix dans une région et perdre pour autant l'élection. En effet si le camp minoritaire en voix arrive toutefois en tête dans les départements plus peuplés, qui envoient donc plus de conseillers régionaux, alors il peut être majoritaire au conseil régional. C'est un peu ce qu'il s'est passé dans le duel Bush / Gore où Al Gore était majoritaire en voix mais Georges Bush avait à la sortie plus de grands électeurs. Tout comme en 2001 aux éléctions municipales, où la droite était majoritaire en voix à Paris mais Bertrand Delanoë l'avait toutefois emporté.
J'en viens alors  à la Corse qui bascule à gauche... Selon les médias... Qui avaient auparavant expliqué que l'U.M.P. détenait la région. Deux erreurs :
1/ l'U.M.P. ne détenait pas la région, son prédident de région était U.M.P., ce qui change tout. Il avait été élu Président de région en créant une sorte de coalition majoritaire entre l'U.M.P. et les régionalistes au sein du conseil régional.
2/ au soir du second tour la gauche n'est pas majoritaire et arithmétiquement une coalition peut toujours se former pour la mettre dans l'opposition.

Pour confirmer cette démonstration : aucune chaîne de télé n'a parlé du nombre de conseillers régionaux obtenus par chaque camp, ce qui est quand même ce pour quoi nous avions voté... Cela me laisse pantois.

Bref. En se focalisant sur des pourcentages comme s'il s'agissait d'un scrutin uninominal, les commentateurs semblent n'avoir strictement rien compris à ce mode de scrutin, qui sera d'ailleurs le dernier, dieu merci.

Le retour de la gauche ?

Il faut bien parler en premier des gagnants de ce scrutin. Mais peut-on parler d'un retour ? Non. Depuis 2004 toutes les élections locales sont gagnées par la gauche. Ce n'est donc qu'une confirmation, annoncée d'ailleurs par les sondages depuis les six derniers mois. En nombre de régions tout d'abord la gauche en perd deux mais bizarrement les changements électoraux hors métropole intéressent peu. En revanche la gauche progresse en voix, le fait est indéniable : le niveau de 54% laisse entrevoir des chances de succès dans un futur proche.
Toutefois les problèmes de la gauche ne sont pas résolus malgré cette victoire. L'union de façade a fait recette mais après ? Les socialistes ont gagné grâce aux écologistes et au front de gauche dans une gauche dite solidaire. Sauf que dès l'union scellée on ne parle plus que de Martine Aubry... Il y en a qui sont donc plus solidaires que d'autres.

On comprend bien que pour la gauche maintenant tout reste à faire. Certes elle sait qu'elle peut mobiliser largement son électorat. Mais les questions programmatiques, de leaders ou encore de gestion de cette gauche solidaire ne sont toujours pas résolues. Jean-Luc Mélanchon a par exemple indiqué qu'il lui était impossible de voter pour Dominique Strauss-Khan. Ces questions devront pourtant trouver des réponses si la gauche veut pouvoir l'emporter en 2012 car son succès d'hier soir ne marque pas un enthousiasme débordant. Les grands leaders nationaux avaient en effet indiqué que le bilan des Présidents de région socialistes était très bon : 1 électeur sur 2 est resté chez lui, indifférent.


Le retour du Front National ?

L'excellent score de la famille Le Pen donne lieu à toute sorte de polémiques, inquiétantes tant la mauvaise foi des instigateurs transpire. Quand le F.N. était en-dessous de 10% ce n'était pas bien car Nicolas Sarkozy avait utilisé un discours droitier pour attirer les électeurs frontistes. Quand le F.N. connaît des sommets c'est à cause de Nicolas Sarkozy avec le débat sur l'identité nationale... Bref. Mais qu'a fait la gauche, elle, pour reconquérir les voix du F.N. ? Ah oui, annoncer avant le scrutin qu'elle était favorable au vote des étrangers aux élections locales. Ah oui, en expliquant que parler des Français et de la France, c'était faire le jeu du F.N....

Cet excellent score est pourtant beaucoup plus simple à expliquer. A chaque crise économique les votes extrémistes progressent nettement, expliquant d'ailleurs bien des choses dans l'histoire du XXème siècle. Je note au passage que les partis extrémistes de gauche boivent la tasse à ce scrutin, ce qui explique d'autant mieux la force du vote protestataire F.N..

Là encore la famille Le Pen a fortement mobilisé, ce qui donne un effet de trompe l'oeil avec la faible participation. Le F.N. est néanmoins dans une dynamique qu'on ne pourra pas ignorer.


La droite sans punch.

Reste le cas de la lourde défaite de la droite à analyser. Les députés grognent contre l'ouverture à gauche, certaines réformes ou encore le débat sur l'identité nationale. Je ne crois pas que des réponses seront à trouver dans ces directions, bien au contraire. Le problème est ailleurs. Certes il y a le désespoir face à la crise économique et sociale et la fameuse faible mobilisation de l'électorat proche de la majorité parlementaire lors des élections locales. Mais j'identifie un gros problème qui a scellé le sort de la droite avant même que l'élection n'ait lieu.

La droite n'a plus d'appétit. Vouloir se présenter seule face à tous (cf. sur le débat des régionales sur France 2) c'est très bien et cela peut marcher comme l'a fait Nicolas Sarkozy en 2007. Mais à la condition d'en vouloir et d'avoir du peps. Lors des interviews, les leaders de l'UMP sont en pyjama, subissent les questions et ne peuvent jamais attaquer puisqu'ils ne savent même pas se défendre. Ils font souvent peine à voir. Exemple avec le bouclier fiscal. La gauche a trouvé son angle d'attaque depuis 2007, en racontant n'importe quoi, et la droite n'a toujours pas compris comment il fallait défendre le dispositif. Ainsi quand Laurent Fabius explique hier soir, sans rire, que les contribuables doivent payer pour donner un chèque aux grandes fortunes je ne comprends pas pourquoi Christine Lagarde ne l'a pas interrompu en disant qu'il racontait n'importe quoi. L'argent donné aux bénéficiaires du bouclier fiscal étant la restitution d'un trop perçu par le Trésor Public, il est absolument inepte de dire que les autres contribuables doivent passer à la caisse. Il conviendrait aussi de rappeler à Laurent Fabius, qui prone la justice sociale, que le bouclier fiscal est en phase avec ses attentes, puisqu'il concerne aussi les accidentés de la vie (perte de revenus suite à chômage, maladie, accident du travail ou même année catastrophique pour les indépendants) qui, sans le sou, devraient payer une taxe d'habitation et souvent une taxe foncière qui pèsent de plus en plus lourd dans le budget.

De plus en plus on entend que la droite n'a pas tenu ses promesses... Mais qui rappelle que pratiquement toutes ont été tenues dès l'été 2007 ? Il s'agit donc d'un manque de résultats, pour autant meilleurs qu'ailleurs ? Mais qui explique que la crise économique a mis des bâtons dans les roues à cette politique, comme d'ailleurs elle l'aurait fait pour chacune des politiques proposées aux Français en 2007 ? Quand Cécile Duflot dit que le gouvernement a fait augmenter le chômage de 850 000 personnes en 18 mois, cela montre qu'il existe des Français qui n'ont pas eu vent de la crise économique majeure de 2008/2009... Le discours des leaders nationaux doit nécessairement en tenir compte.

La droite doit donc être fière de ses réformes et se mettre au travail pour préparer 2012... A chaque fois on rétorque au sortant lorsqu'il présente son programme : "mais pourquoi vous ne l'avez pas fait ?" Nicolas Sarkozy, s'il se représente, sera le seul sortant de l'histoire à pouvoir se défaire facilement de cette critique, en disant par exemple :" je croyais que j'en faisais trop !"

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11 mars 2010 4 11 /03 /mars /2010 22:45
Je l'avais déjà écrit lors des élections européennes mais je ne tiens plus en place à cause de la première question de Laurence FERRARI ce soir lors du débat AUBRY / BERTRAND : "est-ce que vous estimez que c'était une bonne campagne ? Ou au contraire vous estimez que cette campagne n'a pas su intéresser les Français parce qu'elle a été émaillée par trop de polémiques, par trop de dérapages ?"
Une bonne réponse aurait été : " et vous, avez-vous trouvé que les médias avaient bien relayé cette campagne ?"

Il faut le redire : la forte abstention pressentie pour ces élections régionales c'est aussi et surtout la responsabilité des médias.

Comme lors des élections européennes, un média publie un sondage 4 mois avant les élections démontrant le faible intérêt des citoyens pour le scrutin. Or il n'y a rien de surprenant à celà puisqu'à cette période personne ne sait qui se présente, puisque les listes ne sont pas encore déposées, et la campagne n'a par ailleurs pas débuté fort logiquement. Mais les médias stressent, notamment les chaînes de télé et de radio car elles doivent organiser leur grille de programmes à l'avance. Elles commandent alors les mêmes sondages et les résultats tombent (3 mois avant le scrutin) : les Français ne sont toujours pas intéressés par cette élection.
C'est décidé : les élections régionales en général et les régions en particulier n'intéressent pas les Français. A quoi bon prendre le risque d'organiser des débats ou même des émissions portant sur la compétence des régions ? On ne peut pas se permettre de faire chuter l'audience... Bref le relai médiatique tourne au carnage : un coup de projecteur par-ci, un pauvre débat de 15 minutes ou en deuxième partie de soirée par-là, le service minimum médiatique (pourtant non voté par les parlementaires !!) se porte bien. L'implication est si faible chez TF1 que la soirée électorale de ce dimanche s'arrêtera à 21h10 pour laisser place aux Experts, comme si l'exécution des élections ne suffisait pas.

Bien entendu dès qu'une polémique éclate les médias sont là : ils en sont friands. Cela fait de l'audience, cela fait vendre du papier. Et contrairement à ce que l'on peut penser ces polémiques ne parasitent en rien le traitement de cette campagne électorale. En effet leur absence n'aurait pas permis d'en avoir et d'en savoir plus sur les régions et les régionales car il a de toute façon été décidé que les Français n'étaient pas intéressés.

Ainsi on se retrouve avec des médias qui font d'un côté un travail minimal sur ces élections et de l'autre annoncent une abstention très importante... Comme si leur rôle était de donner raison aux sondages ! En ce qui me concerne je ne peux que vous inciter à les faire mentir.
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5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 23:49
J'ai appris hier le décès de Jacques MARSEILLE et j'en suis vraiment attristé. Le début d'année 2010 est un peu rude pour moi car après le décès de Philippe SEGUIN, voilà une autre personnalité attachante et percutante qui va me manquer, qui va nous manquer.
Car cet historien de l'économie était le spécialiste pour mettre les pieds dans le plat et faire redescendre tout le monde sur terre grâce à l'outil statistique. Pour s'en convaincre je ne peux que vous conseiller la lecture de son livre La guerre des deux France, celle qui avance et celle qui traîne. Ce livre montre en substance que notre société de pleurnichards n'a pas conscience de son enrichissement fulgurant, notamment durant la période appelée "Les trente piteuses".

J'ai trouvé une belle intervention de Jacques MARSEILLE dans l'émission C' dans l'air, consacrée ce jour là aux antilles (durant les mouvements en Guadeloupe et en Martinique début 2009), qui démontre tout à fait ce que je disais plus haut :

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2 mars 2010 2 02 /03 /mars /2010 23:59

J'ai regardé pour vous, hier lundi 1er mars, le débat organisé par Yves Calvi sur les élections régionales. Six personnalités politiques étaient présentes : Jean-Marie Le Pen (F.N.), Marielle de Sarnez (Modem), Marie-Georges Buffet (Front de Gauche), Cécile Duflot (Europe Ecologie), Benoît Hamon (P.S.) et Laurent Wauquiez (majorité /UMP). 
Voilà mes impressions :

- Beaucoup s'interrogent sur le fait que la gauche présente des listes séparées... Pourtant cette situation permet d'avoir le même temps de parole que le voisin et d'être ainsi invité dans les débats. "Les gauches" peuvent donc exposer leurs vues et surtout peuvent lier leurs forces pour taper 4 fois plus sur la majorité... Effectivement Laurent Wauquiez faisait face à 4 procureurs, rouge, rose, vert et orange, rendant le débat aussi inégalitaire que ridicule, où Cécile Duflot s'est mêmes octroyé le droit de lancer un "taisez-vous" au membre du gouvernement.

- Jean-Marie Le Pen était fidèle à lui-même, tapant sur tout le monde. Mais fatigué, chantant toujours la même rangaine nationaliste, il s'est pris lui-même les pieds dans le tapis en confessant que sur tel ou tel sujet la région ne pouvait rien... Si cela est vrai les électeurs préféreront l'abstention plutôt que d'aller voter et d'aller voter Front National en particulier.

- Marielle de Sarnez s'est elle-aussi rendue ridicule et là-encore à plusieurs reprises. Tout d'abord elle a redit que le Modem ne ferait pas alliance avec l'UMP car l'UMP faisait une campagne "nationale" et non régionale. En revanche elle n'excluait rien avec la gauche. C'est bien connu la gauche ne fait pas une campagne "nationale". De plus elle félicite Yves Calvi qui "est le seul à avoir organisé un débat sur les élections régionales". Yves Calvi, en très bon journaliste de France Télévision, a tenu à préciser que France 3 avait fait de même avec le sémillant journaliste Samuel Etienne... Marielle de Sarnez aurait pu s'en souvenir, puisqu'elle a participé à ce débat de France 3, aussi nul d'ailleurs que celui d'hier, pourtant avec d'autres intervenants : Pierre Moscovici, Jean-Luc Mélanchon et Rama Yade.

- Marie-Georges Buffet... Que dire ? Elle veut donner une gauche à la droite. Vaste programme... qui n'en fait pas un. A par des critiques contre la majorité, des leçons de gestion publique alors qu'elle souhaite nationaliser les banques... Rien, vraiment rien sur le plan régional. Ce qui correspond finalement assez bien à la situation du second tour où les listes de gauche auront fusionné. Le Front de Gauche aura peu, vraiment peu de places éligibles.

- Cécile Duflot : irrespectueuse, pleine de suffisance ("quand on a fait augmenter le chômage de 850 000 personnes en 18 mois on ne la ramène pas" dit-elle à Laurent Wauquiez) et pleine d'insuffisances (personne ne lui a dit qu'il y avait eu une crise économique majeure et mondiale), elle aussi donne des leçons de gestion sans pour autant expliquer comment elle finance ses idées. Par exemple elle souhaite que les régions fassent des travaux d'isolation dans tous les foyers occupés par les pauvres pour qu'ils paient moins de charges... L'idée n'est pas stupide mais comment les régions vont financer ces travaux ? Et l'offre, est-elle adaptée à ce surcroît de demande ? Il semble que la donneuse de leçons n'ait pas vu que cette mesure allait déséquilibrer le marché et de facto créer de l'inflation, rendant la mesure encore plus chère pour les contribuables et l'écologie plus chère pour le consommateur français.

 

- Benoî Hamon : le porte-parole du P.S. n'a jamais parlé des régions sauf pour dire que le bilan des sortants socialistes était excellent... J'aurais aimé entendre des exemples précis sur ces réussites et surtout un peu plus de modestie. Effectivement, celui qui représente un parti qui ne fait pas une campagne nationale... d'après Marielle de Sarnez... s'est lui aussi offert des envolées sur les "échecs" du gouvernement, permettant de faire l'impasse sur le bilan des exécutifs régionaux socialistes. On aurait pu penser que ces réussites soient exposées sur la place publique pour que tout le monde en profite... Et bien non. Même pas un mot sur le joli succès du nouvel ensemble immobilier abritant le conseil régional de Rhône-Alpes, budgété à l'origine 90 million d'euros et finalement facturé 200 million. Aucun mot non plus sur le joli succès des emplois "tremplin", promis lors de la campagne des régionales 2004, censés contrecarrer l'"incurie" du gouvernement Raffarin face à la monté du chômage... Et finalement rarement mis en place ! Rien sur le joli sondage paru récemment démontrant que les Français ne connaissent pas les noms des présidents de région, dont les 20 socialistes qui pourtant ont obtenu des résultats exceptionnels...
Après les 35 heures payées 39, les emplois "tremplin", la bravitude, il fallait trouver un nouveau slogan pour faire mouche lors de cette campagne. Cette année le P.S. a choisi le "bouclier social" pour lutter contre les effets de la politique du gouvernement... On se demande pourquoi il a fallu attendre 2010 pour voir les élus socialistes faire dans le social. Faire du social pour lutter contre les effets de la crise économique en 2008 et 2009 aurait été plus cohérent et sans doute plus utile.

- Laurent Wauquiez : le secrétaire d'état à l'emploi a fait ce qu'il a pu... Dans un débat ressemblant plus à un procès, il a toutefois été percutant, mettant les pieds dans le plat face à une gauche divisée qui assume dans 20 régions le même bilan. Mais il n'a peut-être pas utilisé tout son mordant et toute son énergie face au rouleau compresseur de gauche, aidé parfois sans en avoir le besoin par un Yves Calvi malicieux : "vous reprochez à la gauche de ne pas avoir appliqué les emplois "tremplin" mais vous étiez contre ce dispositif"... Certes. Ainsi quand la droite ne tient pas ses promesses c'est un scandale et c'est très grave ; quand la gauche ne tient pas les siennes c'est moins grave car la droite était contre... Nous le saurons pour la prochaine fois !! En tout cas, puisqu'il n'avait pas à critiquer sa propre action, il a utilement utilisé son temps de parole pour exposer le programme de la majorité... Puisque c'était le seul à le faire, il a tout simplement donné tort à Marielle de Sarnez tout en donnant aussi l'impression qu'il ne s'était pas trompé de plateau : il s'agissait bien d'un débat sur les élections régionales, oui !!


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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 21:45
Dans mon article du 20 janvier 2010 (Burqa, quota dans les grandes écoles : et si on faisait simple) je m'interrogeais sur l'opportunité d'une commision parlementaire portant uniquement sur la burqa.
Pour moi en effet il aurait été plus simple et plus judicieux d'exiger que toute personne dans un lieu public ait la tête dégagée, comme si elle se faisait faire une photo d'identité. Ainsi non seulement le problème de la burqa était réglé mais également celui des voyous cagoulés, en particulier durant les manifestations.

Or hier le sénateur non-inscrit de la Moselle Jean-Louis Masson a annoncé qu'il proposerait une loi visant à « interdire le port de tenues dissimilant le visage de personnes se trouvant dans les lieux publics ».


Dans une interview il livre ces paroles pleines de bons sens... Et qui devraient faire consensus :

"Je suis hostile à l’introduction d’une interdiction du port du voile qui s’appliquerait spécifiquement à la religion musulmane. Je pense que la France, étant une République laïque, n’a pas à régler les us et coutumes liés à telle ou telle religion, ni à cibler une religion plutôt qu’une autre. Par contre, je considère que pour des raisons de sécurité et de transparence, il est nécessaire qu’il y ait une interdiction générale de cacher son visage sur la voie publique et dans les lieux publics, comme les administrations."

"Elle (la loi) ne s’appliquerait pas uniquement aux femmes voilées mais à toute personne. Aussi bien le manifestant qui cache son visage pour se livrer à des actes violents. Que des personnes qui s’attroupent pour des actes de délinquance, des supporteurs de foot dans un stade, les femmes voilées ou telle religion ou secte qui obligerait à garder le visage caché."

Je ne vous cache pas que j'ai été très heureux de lire hier cette interview qui rappelait "étrangement" mon article d'il y a un mois !! Pour une fois que j'ai une bonne raison de me lancer des fleurs... Je n'hésite pas !!

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