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28 juin 2010 1 28 /06 /juin /2010 21:48

Alors que j'ai pu démontrer les raisons fiscales qui font que l'affaire WOERTH / BETTENCOURT n'existe pas, les media ont continué ce week-end dans la voie de l'acharnement contre le Ministre du Travail.

Beaucoup d'âneries ont été dites dans ce dossier où de simples suppositions prennent le rang de vérités et donnent l'occasion à des journalistes de se travestir en procureurs. En dehors du fond qui mériterait un article approfondi, j'ai envie de répondre sur un point précis à Jean-François KHAN qui a écrit un long article dans Marianne, invitant Monsieur WOERTH à démissionner.

 

Il écrit : " Eric Woerth a poussé le cynisme jusqu’à prétendre qu’il s’agissait d’une entreprise de déstabilisation liée à la réforme des retraites. Comme si le majordome indélicat qui a tout enregistré en douce et livré les cassettes à la fille de Madame Bettencourt, avait en tête la réforme des retraites. Stupide !  "

Qui Monsieur KHAN croit-il abuser ? Est-il certain que la déstabilisation politique vient du majordome indélicat ? A partir du moment où des journalistes choisissent de diffuser trois courts extraits,  susceptibles d'étayer leur thèse, venant de six CDroms confiés (pourtant !) à la justice, alors il paraît évident que des proies ont été sélectionnées. A moins que... Peut-être qu'il existe des explications moralement acceptables.

Dans ce cas il faudra répondre à deux questions :

 

1/ Sur quels critères les trois extraits diffusés ont été sélectionnés pour être diffusés ?

 

2/ Puisqu'il paraît fort probable que d'autres noms circulent dans les conversations enregistrées et sauvegardées sur six CDroms (au total il y en a 28), sur quels critères les journalistes ont décidé de ne pas diffuser des enregistrements sur ces personnes ?

 

Bref. Ce n'est qu'en ayant des réponses à ces questions que nous pourrons dire que l'idée de déstabilisation est stupide. Pas avant.

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24 juin 2010 4 24 /06 /juin /2010 23:03

Martine AUBRY a été l'invitée de T.F.1. ce soir lui donnant ainsi l'occasion de défendre les minces idées du Parti Socialiste en matière de retraite.

Entre autres bêtises Martine AUBRY a cru bon d'insister en expliquant que les banques devaient passer à la caisse en ayant un Impôt sur les Sociétés spécial au taux de 48%.

Proposer ce dispositif au lendemain d'une crise financière mondiale, fallait oser, connaissant la chute du rendement de l'I.S. des banques en 2008.  Autant dire tout de suite que cette mesure ne peut pas garantir de rentrées fiscales stables. Surtout il suffira que les banques françaises délocalisent toutes leur siège (par exemple à Dublin au taux d'I.S. de 12,5%...) pour que cette idée ne rapporte pas un radis. A moins que ce soit l'idée sous-tendue : si aucune banque n'a de siège en France on ne pourra accuser aucun gouvernement d'aider les banques...

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23 juin 2010 3 23 /06 /juin /2010 22:29

Comme chaque année on trouve encore des journalistes ou des commentateurs pour lancer une critique sur la présence d'une épreuve du bac le lendemain de la fête de la musique. 

 

Ainsi Gérard LECLERC a indiqué lundi matin sur L.C.P. qu'il ne comprenait pas que l'Education Nationale avait eu l'outrecuidance de placer mardi 22 juin une épreuve du bac... 

Que faut-il comprendre ? Que ce n'est pas chouette pour les lycéens qui ne pourront pas assister à la fête de la musique ? Les pauvres petits. (Comme si le fait d'aller à la fête de la musique allait faire baisser le taux de réussite de 90% à 50%...).

 

Non mais franchement... Alors que la France entière est tombée de haut face au comportement lamentable des Bleus, cette réflexion est consternante... Mais quel est le sens des priorités donné à notre jeunesse ? Un "jeune" est-il incapable de sacrifier deux ou trois fois dans sa vie sa présence à la fête de la musique pour cause d'examen ? Si l'Education Nationale doit se préoccuper de la date de la fête de la musique, pourquoi ne devrait-elle pas en faire autant avec les dates des compétitions sportives telle la fameuse Coupe du Monde ?

 

Et si le problème venait plutôt de la date de la fête de la musique ? La placer le premier samedi de l'été pourrait régler le sujet de manière définitive. Mais il est vrai que critiquer le Ministère de la Culture est moins porteur que de critiquer le Ministère de l'Education Nationale.

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22 juin 2010 2 22 /06 /juin /2010 21:50

L'avocat du diable est bien en peine. Non pas que l'équipe de France ait été sortie piteusement. Non. Pour la première fois il lui est impossible de défendre un diable... Comment pourrait-il en être autrement ?

 

Certes il faut d'habitude des compétences tactiques et techniques pour parler sérieusement du jeux d'une équipe sur le terrain. Mais ici le travail est simplifié puisqu'il n'y a eu aucun jeu. D'habitude lorsque l'on perd 2 - 0, les soutiens de l'équipe perdante peuvent dire : "c'est la faute à pas de chance, le ballon n'avait pas envie d'entrer dans les cages du camp adverse". Dans le cas des Bleus, on peut tout juste se demander s'ils avaient réellement envie d'entrer sur le terrain, tant le jeu était inexistant.

 

Mais au-delà du terrain, les Bleus ont donné une image pitoyable à notre jeunesse et au monde entier. Insultes, maillot national ridiculisé, grêve de l'entrainement, oralité incompréhensible et effrayante, dédain, vengeances, absence de fair play et de respect, mensonges, trahisons, secrets, luxe ostentatoire... Arrêtons là la liste des pêchers et des manquements. Cela fait trop mal à la France, au sport et à l'humain.

 

On a donc de bien mauvais joueurs, dans les deux sens de l'expression.

Construire une nouvelle équipe est un réel impératif, un objectif à atteindre coûte que coûte. Si l'implication du Ministère des Sports dans ce projet peut sembler bizarre au premier abord, la France ne peut pas se "payer le luxe" d'être salie par ses footballeurs tous les deux ans dans les grandes compétitions internationales. Le travail ne fait que commencer.

 

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21 juin 2010 1 21 /06 /juin /2010 17:21

L'affaire Woerth / Bettencourt est l'exemple même de la manipulation politique. Tous les ingrédients y sont :

 

1/ Un média anti-pouvoir, MEDIAPART, qui, non content de gêner le plus possible le gouvernement et le Président de la République avec des affaires construites, s'autorise à jouer au justicier d'opérette.

Voilà ce que l'on peut lire à la Une de ce site d'informations : "L'affaire Bettencourt est une affaire d'Etat. Les enregistrements clandestins réalisés par le maître d'hôtel de Liliane Bettencourt posent des questions démocratiques qui légitiment, au nom du droit à l'information du public, leur divulgation. Ils dévoilent la nature des relations entretenues par les responsables du pays avec l'une des principales fortunes mondiales. C'est pourquoi, afin que l'on en prenne bien la mesure, nous avons décidé de donner à entendre des passages clés de ces enregistrements. Ils concernent trois chèques établis en faveur du pouvoir actuel et l'intervention sur ordre présidentiel de la justice dans un différend privé."

A la suite de quoi l'internaute peut écouter un extrait d'un enregistrement.

MEDIAPART ne fait pas que baffouer la présomption d'innocence en donnant au public le contenu d'enregistrements clandestins, ne valant donc juridiquement rien du tout. Non. MEDIAPART charge des personnalités, sans employer le conditionnel. Il s'agit donc d'un jugement en règle. Pour donner plus de poids à ce jugement médiatique, MEDIAPART tire la ficelle Eva JOLY, ancienne Juge d'Instruction spécialisée dans la corruption politique et aujourd'hui Député Européen d'Europe Ecologie, qui demande la démission d'Eric WOERTH. La forme de la manip' est parfaite. Bravo.

 

2/ Quant au fond ? L'enregistrement disponible gratuitement ne prouve rien du tout... Madame BETTENCOURT soutient financièrement la campagne de Valérie PECRESSE ; et alors ? D'ailleurs, je fais remarquer que rien ne prouve que Madame BETTENCOURT n'a pas soutenu financièrement la campagne de Jean-Paul HUCHON du P.S..

Puisque Eric WOERTH est trésorier de l'U.M.P., "faire un chèque pour Eric WOERTH" comme le laisse entendre l'enregistrement, ne signifie pas qu'Eric WOERTH va encaisser le chèque en son nom. Il n'y avait pas de caméras pour filmer l'ordre du chèque, dommage ! Pourtant n'importe qui comprend qu'à partir du moment où l'on parle d'un financement limité à  7 500 € nous sommes nécessairement en présence d'un financement politique normal, d'un don effectué à l'U.M.P.. Et là encore, puisque les socialistes sont sur la brèche, rien ne prouve que le P.S. n'a pas été soutenu financièrement par Madame BETTENCOURT. Chose marrante au passage : l'avocat de Madame BETTENCOURT est Maître KIEJMAN, ancien ministre des gouvernements ROCARD, CRESSON et BEREGOVOY.

Et la fraude fiscale (non prouvée) de Madame BETTENCOURT couverte par Eric WOERTH alors (et organisée soit disant par Madame WOERTH depuis 2007) ? (Oui j'y vais sans détours !!) . Cette supposition est une énormité qui prouve une fois de plus que les "journalistes d'investigation" n'y connaissent rien du tout en matière de fiscalité. S'il s'agit d'un défaut de déclaration d'une île et de deux comptes en Suisse alors nous parlons d'un seul impôt : l'I.S.F. Or le délai de prescription en matière d'I.S.F., dans le cas où des éléments ne sont pas déclarés et nécessitent des recherches, est de six ans... Par conséquent tout ce qui n'a pas été déclaré durant le temps de passage d'Eric WOERTH à Bercy peut être repris entre 2013 et 2015... Ainsi supposer qu'Eric WOERTH a couvert une éventuelle fraude fiscale de Madame BETTENCOURT n'a aucun sens pratique, puisque le délai de reprise de l'administration en matière d'I.S.F. est supérieur à la durée d'une législature et à la durée "habituelle" d'une fonction ministérielle.

 

En somme : une affaire, une de plus, qui fait pschiiiiiiiiiiiit.... Beaucoup de bruit pour rien... Mais surtout beaucoup de mal pour rien.

 

 

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8 juin 2010 2 08 /06 /juin /2010 19:17

Curieux pays qui laisse naître une polémique sur l'opportunité de l'étude des Mémoires de guerre du Général de Gaulle au bac littéraire de l'an prochain... Au moment où des bacheliers passent l'option planche à voile pour gagner quelques points au bac.

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2 juin 2010 3 02 /06 /juin /2010 09:35

Le classement vient de tomber pour la dernière quinzaine de mai.

Le blog de l'avocat du diable est 904ème sur 1 200 000 !

 

Que dire de plus ? A par que je vous remercie tous pour votre soutien et votre fidélité.

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29 mai 2010 6 29 /05 /mai /2010 21:25

Après avoir proposé un projet alternatif sur les retraites nul et non avenu, Martine AUBRY croit pouvoir faire diversion en tançant frontalement et sévèrement le Président de la République.

 

Effectivement Nicolas SARKOZY aurait eu l'outrecuidance de critiquer François MITTERRAND, en particulier sur sa décision de passer l'âge légal du départ à la retraite de 65 à 60 ans. Martine AUBRY y voit de la vulgarité quand il fallait voir une simple relation mathématique entre déficit et âge légal du départ à la retraite, ni de gauche ni de droite, assurément juste. Bref, comme dit le proverbe, le sage montre la Lune, l'imbécile regarde le doigt.

 

Au delà de cette vérité mathématique incontestable il convient de rappeler trois choses.

 

La première c'est qu'au moment de l'élaboration du programme commun de 1981, la proposition n°82 qui faisait passer l'âge légal du départ à la retraite de 65 à 60 ans était constestée par certains socialistes dont Michel ROCARD et Jacques DELORS.

L'ancien Premier Ministre, après avoir commandé un rapport sur les retraites en 1991, le fameux "livre blanc", expliquait qu'une réforme, indispensable, était susceptible de faire sauter plusieurs gouvernements. Il n'a donc rien fait ; en tout cas il n'a rien pu faire puisqu'il a été remplacé par Edith CRESSON quelques temps plus tard. Les socialistes ont donc laissé le système se détériorer et il a fallu attendre le gouvernement BALLADUR pour que des décisions courageuses soient prises en 1993.

Quant à l'ancien Président de la Commission Européenne, c'est le papa de Martine AUBRY. Martine va à la mer. Martine va à la campagne. Malheureusement il n'existe pas dans la collection un Martine suit les traces de son papa. Et franchement cela manque dans la bibliothèque.

 

La seconde c'est que la critique des erreurs du passé est la moindre des choses en démocratie. Les socialistes en savent quelque chose, eux qui ont critiqué la période MITTERRAND avec cette fameuse expression : "le droit d'inventaire". Mais sans doute que lorsque l'on est socialiste, la démocratie ne s'applique pas pour ceux qui ne le sont pas (socialistes).

 

La troisième c'est que la retraite à 60 ans est présentée comme un "acquis social". Cette expression laisse à penser qu'il s'agit d'un cadeau donné généreusement aux Français. Or ce n'est pas le cas du tout. Il s'agit d'un droit, certes social, que les Français sont forcés de payer. La gauche aime à parler de l'humain. Mais en réalité pour la gauche le citoyen n'est pas un humain, c'est un consommateur en puissance de droits sociaux. Sauf que cette consommation a un coût et le consommateur doit passer à la caisse : augmentation des prélèvements sociaux et fiscaux, perte de compétitivité, chômage de masse, modération salariale, abaissement des marges ou répercussion des coûts sur les prix... La Dame des 35 heures aurait pu quand même s'en rendre compte.

 

Non. Il faut se positionner pour 2012 et comme Martine AUBRY a pour modèle François MITTERRAND alors il n'est pas difficile d'imaginer les conséquences de son éventuelle élection en 2012. Une première année où l'état régale : retour de l'âge légal du départ à la retraite à 60 ans par exemple... Suivie d'un coup de massue fiscal et social les années qui suivent. Faire en 2012 du 1981, est-ce cela le programme de progrès proposé par le P.S. ? A quand le livre Martine suit les traces de son Tonton ?

 

 

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19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 22:38

Alors que le Parti Socialiste (P.S.) vient d'annoncer des solutions pour "sauver notre système de retraite", permettant de trouver 19 milliards d'euros par an, je me devais de contribuer modestement au débat, en répondant aux questions qui vont suivre.

 

 

100 milliards d'euros de déficit en 2050 pour nos caisses de retraite, est-ce grave ?

 

Martine AUBRY semble en douter. 100 milliards d'euros, c'est selon elle l'équivalent de l'augmentation du déficit budgétaire en 2009. Bref si on peut supporter 100 milliards d'euros de déficit budgétaire en plus, il n'y aurait aucun problème à assumer le même montant de déficit pour nos caisses de retraites en 2050.

En dehors du fait que 2009 est une année exceptionnelle et que nous ne connaissons pas le niveau de déficit et de dette pour l'année 2050, la Première Secrétaire du P.S. semble n'avoir pas bien compris l'enjeu du problème.

Emprunter au moins 100 milliards d'euros, chaque année à partir de 2050, pour payer les pensions des retraités est en effet une véritable bombe économique et sociale. Les intérêts de cette dette incompressible et annuelle seront payés par qui ? 

Réduire un budget d'un Etat est déjà difficile, la Grèce en sait quelque chose. En France, quand on décide de diminuer le nombre de fonctionnaires pour réduire la masse salariale, la mesure passe mal... Mais c'est une mesure qui reste possible à faire... En revanche une chose est acquise : diminuer le nombre de retraités est, en tout cas selon nos valeurs d'aujourd'hui, heureusement impossible. En définitive il y a bien des efforts à faire, et à faire dès maintenant, si l'on souhaite sérieusement sauver notre système par répartition.

 

 

Faut-il augmenter la durée de cotisation ?

 

Il semble que nous n'ayons pas vraiment le choix. Le Conseil d'Orientation des Retraites (C.O.R.) estime en moyenne à 45 milliards les sommes à trouver chaque année jusqu'en 2020 pour garantir un financement "équilibré" du système. Après 2020 la situation est encore plus périlleuse.

On a donc d'un côté le gouvernement qui discute avec les partenaires sociaux et qui vient de présenter ses axes, déjà jugés inconcevables par les syndicats notamment sur l'élévation de l'âge légal du départ à la retraite. De l'autre, le P.S. émet des solutions représentant moins de la moitié de ce qu'il faudrait trouver, sans toucher à l'âge légal du départ à la retraite, ni vraiment sur les durées de cotisation. Il faut dire que 2012 est une date bien plus rapprochée que 2050.

Sauf que les données démographiques connues de tous et surtout les données économiques sont implacables. Avec un taux de chômage de 4,5% en France (du jamais vu depuis 19?? !), on aurait un déficit des caisses de retraite de 75 milliards d'euros en 2050... Et il s'agit du scénario le plus optimiste. Il est d'ailleurs assez amusant de constater que l'opposition a critiqué le rapport du C.O.R. en expliquant qu'il était trop pessimiste. Je pense pourtant que n'importe quel gouvernement signerait tout de suite un taux de chômage à 4,5% !

En tout cas cette étude tord le coup à une idée trop souvent avancée : "avec la baisse du chômage il y a plus de cotisants et donc le problème du financement n'existe pas... ". Malheureusement le problème démographique est tel que même un chômage quasi inexistant ne pourrait venir à bout de la question du financement des retraites.

  

 

Faut-il taxer les plus riches ? Faut-il taxer les revenus du capital pour élargir l'assiette ?

 

Selon moi... NON ! Je pense que la proposition du gouvernement qui consiste à créer une nouvelle contribution sur les revenus du capital, en dehors du bouclier fiscal, ne va pas dans le bon sens.

D'abord une petite remarque : il y a un débat pour savoir si cette nouvelle contribution, dont on ne connaît pas le contenu, est une entaille au bouclier fiscal. Assurément oui aux yeux des commentateurs car en payant cette contribution complémentaire certains bénéficiaires du bouclier fiscal donneront plus de 50% de leur revenu fiscal de référence au Trésor Public. Voilà une argumentation un peu sommaire. On peut très bien aujourd'hui être bénéficiaire du bouclier fiscal et donner plus de 50% de son revenu fiscal de référence au Trésor Public ! Par exemple si vous possédez une résidence secondaire la taxe foncière et la taxe d'habitation de cet immeuble n'entrent pas dans le calcul du bouclier fiscal. S'agit-il d'une entaille avant l'heure ??

Mais revenons au sujet. La taxation des revenus du capital pose deux problèmes majeurs. 

Premièrement l'idée de la réforme est de trouver des ressources stables pour garantir le régime par répartition. Taxer les revenus du capital ne permet en rien de respecter cet objectif... Compte tenu de la crise mondiale que nous venons de traverser il est assez difficile de ne pas remarquer l'évolution en dents de scie des revenus du capital. Ainsi une telle mesure rend tributaire l'octroi des retraites à des performances économiques que l'on sait cycliques.

Deuxièmement et surtout, taxer les revenus du capital revient en définitive à tuer notre régime par répartition... Effectivement parmi les contribuables taxables nous trouverons des retraités. Ceux-là, qui ont un immeuble donné en location ou quelques actions, seront contraints via cette contribution de financer leur propre retraite... Sans commentaire.

 

 

Faut-il prendre en compte la pénibilité ?

 

Selon le bon sens populaire, si l'on doit augmenter les années de cotisations, les Français qui ont un travail diffcile devraient pouvoir obtenir de partir plus tôt que les autres à la retraite.

Franchement... J'ai encore envie de répondre NON ! Certes il y a d'abord le problème de la définition qui n'est pas simple à résoudre. Qu'est-ce qu'un métier pénible ? Spontanément on pense aux métiers du bâtiment ou au secteur industriel. Et puis en poussant la réflexion un peu plus loin on s'aperçoit vite qu'il est difficile de trouver des emplois qui ne sont pas pénibles... Après tout le juge de 60 ans qui rend sa décision à minuit au tribunal n'a pas forcément une vie facile. Mais en dehors de la question de la définition ce qui m'ennuie sur ce bon sens populaire ce sont les deux points suivants.

D'abord, s'il y a des métiers plus pénibles que les autres alors peut-être qu'il faudrait s'interroger sur comment on pourrait les rendre moins pénibles... Les caisses de l'assurance maladie ne s'en porteraient pas plus mal, en dehors du seul problème des retraites. Recruter plus d'inspecteurs du travail pour faire respecter les régles élémentaires sur les chantiers coûterait peut-être moins cher à la collectivité (même si cela fait un peu cliché...).

Ensuite et surtout, et là c'est une situation purement franco-française, notre société semble n'avoir toujours pas intégré qu'on n'avait pas l'obligation de faire LE même métier durant toute sa vie professionnelle. Pourquoi quelqu'un qui fait un métier dit pénible est-il condamné à le faire pendant 42 ans ? Je n'arrive pas à comprendre ce consensus alors que dans le même temps des enquêtes successives ont pu démontrer la gabgie de la formation professionnelle. Voilà un secteur qui devrait être réformé tant dans ses moyens que dans ses objectifs. On devrait pouvoir se former tout le long de sa vie et pouvoir se reconvertir sans que cela paraisse anormal et sans être découragé. Alors que tout le monde se gargarise de mots tartes à la crème comme solidarité ou encore égalité, comment notre société peut-elle accepter qu'une personne qui souffre physiquement au travail dès 40 ans, puisse partir à la retraite deux ans avant tous les autres au nom de la pénibilité ? Est-on réellement certain de traiter le problème avec ce genre d'expédients ? Combien coûtent à la société les arrêts de travail ou encore les prestations de travail pour invalidité du fait de la pénibilité du travail ?? Bref, tenir compte de la pénibilité me choque car cela valide de manière expresse l'incurie de notre formation professionnelle.

 

 

Alors, quelles solutions ? 

 

Trois solutions de bon sens et en même temps "obligatoires" seront déployées :

- l'augmentation du taux de cotisation retraite dans la fonction publique, en retrait aujourd'hui d'à peu près trois points par rapport au secteur privé

- l'augmentation de la durée de cotisation

- la diminution du taux de cotisation "chômage" pour augmenter d'autant en valeur le taux de cotisation "retraite" une fois la venue d'une diminution structurelle du chômage.

 

S'il faut trouver une taxe pour aider au financement du système, j'ai une idée ! Il est vrai qu'inventer une taxe n'est pas très difficile... On pourrait donc inventer une contribution sur toutes les machines remplaçant l'homme dans les secteurs non délocalisables. Je pense par exemple aux distributeurs automatiques (de billets, de boissons, de DVD, de pizzas !, etc). Une contribution sociale forfaitaire de 100 € par mois pour chaque distributeur de billets en France, rapporterait 60 000 000 d'euros par an (il y a 50 000 DAB en France environ).  Dès lors que les machines créent de la valeur à la place de l'être humain il ne serait pas anormal qu'elles contribuent aussi à la pérénité du système, sans pour autant que cela nuise à l'investissement et à notre compétitivité.

 

Mais si vous avez d'autres solutions, à vos claviers !!

 

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15 mai 2010 6 15 /05 /mai /2010 23:33

Vous êtes nombreux à me remercier, notamment pour les informations fiscales que vous pouvez trouver sur ce blog.

 

A mon tour de vous remercier sincérement. Votre soutien permet désormais à mon blog d'être classé grâce à son audience.

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