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12 octobre 2010 2 12 /10 /octobre /2010 22:41

Les journalistes avaient la banane ce soir : que de monde, que de monde dans les rues ! Et en plus tout le monde est content, tout le monde est ravi. Les médias n'ont même pas pu dégoter un Français manifestant sa colère face à ces cortèges aussi perturbateurs dans la vie quotidienne que vains dans la recherche de solutions.

J'en profite pour dire que je trouve toujours formidable de diffuser des témoignages de Français hostiles à la réforme sans donner d'autres sons de cloche. Les bêtises assenées sont-elles comptabilisées dans le temps de parole de l'opposition ?

 

En plus de cette joie générale, les journalistes n'ont pas manqué d'expliquer que la journée d'aujourd'hui constituait un tournant dans le mouvement de contestation contre la réforme des retraites. Des lycéens ont en effet investi les cortèges pour dire qu'ils étaient contre la retraite à 62 ans.

Face au ridicule de la situation, d'éminents spécialistes sont invités sur les plateaux pour dire que la jeunesse est concernée et qu'il est tout à fait légitime de la voir dans la rue. Le grotesque s'affirme davantage quand des lycéens prennent la parole lors de micro trottoirs affligeants d'un côté mais rassurant de l'autre quant à leur mémoire. Effectivement la récitation des tracts gauchistes ne pose aucun problème. Et un argument passe en boucle : si les "vieux" partent plus tard il n'y aura pas de place pour les jeunes.

 

Cet argument, ou plutôt cette vérité du café du commerce, est la démonstration du manque total de réflexion sur le sujet. Il n'y a en effet aucune corrélation entre taux de chômage et âge de départ à la retraite. S'il devait y en avoir une, elle ne serait pas favorable aux biactoliens des cortèges et ce pour trois raisons.

 

1/ Quand Pierre MAUROY, pleurant au Sénat ces derniers jours, acta la baisse de l'âge de départ à la retraite (de 65 ans à 60 ans) début des années 80, il n'avait sans doute pas prévu que le chômage allait augmenter de 800 000 personnes jusqu'en 1986.  C'est pourtant ce qui arriva. Donc si la baisse de l'âge de départ à la retraite n'entraîne pas une baisse du chômage (pour ne pas dire qu'elle entraîne une hausse...) d'après le recul historique que nous avons, le chômage n'a alors aucune raison d'augmenter si l'âge de départ à la retraite est relevé.

 

2/ D'autant que si l'âge de départ à la retraite n'est pas relevé, alors de nouveaux prélévements seront nécessaires pour financer le trou énorme des caisses de retraite. Qui peut croire cette jeunesse quand elle prétend pouvoir trouver plus facilement un emploi si les "vieux" font de la place, si au même moment un coup de bambou fiscal et social s'abat sur la tête des consommateurs et des entreprises pour financer cet "acquis social" ?

 

3/ Enfin il est toujours triste de constater la mise sous cloche de l'économie française dans l'esprit d'un grand nombre de personnes. A croire que notre économie ne pourrait plus croître, qu'elle serait à son maximum... Selon cette idée pessimiste on en déduit que pour que tout le monde ait un job il faut diminuer le temps de travail et faire partir les "vieux" plus rapidement... Heureusement que la vraie vie n'est pas celle là et que notre économie croît en fonction de nos besoins et des nouveaux marchés qui s'ouvrent. Par exemple il y avait 100 000 salariés dans le secteur de l'aide à domicile en 2000. Il y en avait 210 000 en 2008. Le nombre d'établissements à quant lui augmenté de 40% sur la même période. Heureusement que ce secteur n'a pas attendu les départs en retraite pour croître et recruter...

 

 

 

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13 septembre 2010 1 13 /09 /septembre /2010 22:15

Intervenir : prendre part volontairement à une action pour en modifier le cours. Je n'avais encore jamais pensé commencer un article par une jolie définition du dictionnaire. Pourtant cela s'impose, voyez plutôt.

 

Eric WOERTH aurait déjà menti deux fois. D'abord il avait dit n'être jamais intervenu dans un contrôle fiscal. Puis il avait affirmé n'être jamais intervenu dans l'attribution de la légion d'honneur à Patrice DE MAISTRE.

 

En prenant un peu de recul on s'aperçoit que ce qu'on appelle mensonges dans la presse ne sont en réalité que des problèmes de vocabulaire. Eric WOERTH est là-dessus tout à fait fautif. Il aurait dû s'entourer de conseils en communication pour traverser cette crise de la meilleure façon qui soit. Evidemment les médias ont eux aussi leur part de responsabilité puisque leur seule priorité est de vendre du papier : dénicher un lièvre pour flinguer un Ministre c'est du tirage assuré ! Alors lorsque l'on peut jouer sur les mots, c'est du pain béni...

 

Eric WOERTH a malheureusement fort mal employé le verbe "intervenir" et la presse s'est engagée dans la brèche avec délectation.

 

Sur le plan fiscal tout d'abord, Eric WOERTH voulait tout simplement souligner le fait qu'il n'avait jamais demander à ses services d'enclencher ou de freiner un contrôle fiscal. Pour rappel on lui a reproché (toujours non prouvé à ce jour) d'avoir freiné le contrôle fiscal de Mme BETTENCOURT. Dès lors, quand Libération écrit régulièrement qu'Eric WOERTH est intervenu dans des dossiers fiscaux en demandant de prononcer des dégrèvements, le journal fait mine de ne pas voir qu'il est complétement hors sujet. Il est incontestable que le Ministre WOERTH a dû reprendre les conclusions de ses services pour répondre aux personnes qui l'avaient sollicité. Mais ce cadre est très précis. En effet l'administration fiscale a fait son travail au préalable : les rectifications fiscales ont été notifiées et maintenues et le plus souvent mises en recouvrement. C'est bien la preuve que le Ministre n'est pas intervenu dans la procédure de contrôle et qu'il n'a pas menti. Sur un forum un internaute a cru bon d'écrire que s'il n'a pas menti alors Eric WOERTH avait signé n'importe quoi... La seule lecture des lettres publiées montre bien qu'Eric WOERTH n'est pas leur auteur. Non seulement il lui est logistiquement impossible de répondre personnellement à toutes les sollicitations (cela nécessiterait de refaire le contrôle fiscal une deuxième fois pour chaque affaire) mais en plus l'emploi d'un vocabulaire typique de l'administration fiscale ne laisse aucun doute sur la provenance de ces lettres. Non, Monsieur WOERTH ne signe pas n'importe quoi, il délégue, soumis lui-aussi aux journées de 24 heures.

 

Ensuite, au sujet de la légion d'honneur, j'ai une lecture des choses un peu plus terre à terre que celle de la presse. Je pense tout simplement qu'Eric WOERTH a voulu dire qu'il n'avait pas pris part à la décision d'attribuer la légion d'honneur à Patrice DE MAISTRE. Ce n'est pas plus compliqué que cela ! Et la lettre vient étayer cette idée. Si Eric WOERTH avait eu le pouvoir d'intervenir dans la décision d'attribuer la légion d'honneur... alors on ne voit pas bien quel est l'intérêt de faire une lettre de recommandation en faveur de Patrice DE MAISTRE... Le verbe intervenir a pourtant un sens précis. Si je peux modifier le cours d'une action c'est que j'en ai le pouvoir, la maîtrise et la compétence. Force est de constater qu'avant l'élection présidentielle de 2007 Eric WOERTH n'était pas en mesure d'intervenir dans la décision d'attribuer la légion d'honneur à qui que ce soit.

 

Le pire dans ces deux affaires c'est qu'elles ne sont là uniquement pour descendre la probité d'un homme. Il faut démontrer coûte que coûte qu'Eric WOERTH est un menteur, donc une personne malhonnête, de manière à rendre ensuite crédible la fable BETTENCOURT. Bien entendu cette traque n'est pas de l'acharnement... C'est du journalisme. Et mon blog prend alors tout son sens.

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2 septembre 2010 4 02 /09 /septembre /2010 22:19

A l'écoute du gros titre du jour mon sang n'a fait qu'un tour.

"Eric WOERTH a admis être intervenu auprès de Nicolas SARKOZY pour l'attribution de la légion d'honneur à Patrice DE MAISTRE".

 

Et puis les médias ont tout de suite souligné la position intenable du Ministre, mettant en avant des leaders de l'opposition exigeant la démission de M WOETRH.

 

Tout cet emballement fait sans doute très mal à Eric WOERTH même s'il tente de minimiser la chose. Mais il fait surtout mal à la démocratie puisque le quatrième pouvoir accumule les déformations et les désinformations.

 

Pourtant le sujet de la légion d'honneur offerte au conseiller de Mme BETTENCOURT ne date que du début de l'été. Chacun peut donc s'amuser à retrouver sur le net les articles de cette période pour se rappeler la place de cet événement dans l'affaire BETTENCOURT. Il était ainsi clairement évoqué une contrepartie : Eric WOERTH, Ministre, décore Patrice DE MAISTRE et en échange Patrice DE MAISTRE embauche Florence WOERTH dans la société de gestion des actifs de la milliardaire. Face au soupçon le Ministre du Travail ne pouvait que dire la vérité : il n'était pas intervenu dans la décison de remettre la légion d'honneur à Patrice DE MAISTRE.

 

L'exploitation médiatique de la lettre d'Eric WOERTH adressée début 2007 à Nicolas SARKOZY (alors Ministre de l'Intérieur), faisant la promotion de Patrice DE MAISTRE pour qu'il soit attributaire de la légion d'honneur, fait plutôt froid dans le dos. Et Eric WOERTH a eu raison, en ne niant pas aujourd'hui l'existence de sa lettre, de poser la question suivante aux journalistes : "vous en tirez quelles conclusions ?"

Les journalistes ne répondront pas à cette question car y répondre détruirait de manière définitive leur fantasme.

 

Car en réalité rien ne prouve aujourd'hui qu'Eric WOERTH a menti en disant qu'il n'était pas intervenu dans l'octroi de la légion d'honneur à Patrice DE MAISTRE malgré ce que raconte la presse. Et ce pour deux raisons :

1/ Un député ne peut pas remettre la légion d'honneur et il n'est pas sollicité pour participer à la décision d'octroyer ou non la légion d'honneur. Dire alors qu'un député est intervenu dans ce type de décisions, de surcroît à la fin d'une législature, est un non sens sémantique et "protocolaire".

2/  Dès lors qu'il envoie une lettre antérieurement à l'élection de Nicolas SARKOZY, il  est incontestable que  M WOERTH ne peut pas savoir à l'avance que son camp va gagner les élections et qu'il va occuper le poste de Ministre du Budget. Il ne peut donc pas se compromettre début 2007 dans un pacte frauduleux avec M DE MAISTRE nouant la contrepartie soupçonnée. Le gros titre du jour fait alors pschiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiitttt... puisque cette lettre ne sert absolument à rien dans le soupçon du début de l'été.

 

J'ajoute qu'écrire dans l'Express ou dire sur TF1 comme sur Public Sénat qu'"Eric WOERTH a admis être intervenu auprès de Nicolas SARKOZY" fait croire aux Français que le Ministre WOERTH a fait pression auprès du Président de la République pour le convaincre d'octroyer la légion d'honneur à M DE MAISTRE. En réalité il s'agit d'une simple lettre entre un député et un ministre...Ce procédé est une manipulation caractérisée, tout simplement. Une de plus, une de trop.

 

 

 

 

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2 septembre 2010 4 02 /09 /septembre /2010 19:09

Comme chaque année une opération frauduleuse de phishing sur internet est lancée en parallèle à l'envoi des avis d'imposition.

Ainsi l'internaute reçoit dans sa boîte un charmant mail lui annonçant qu'il a droit à un crédit d'impôt. Celui-ci sera versé à la condition que le contribuable donne des informations personnelles comme un numéro de carte bancaire... Evidemment la signature est parfaite , les logos sont reproduits à la perfection : combien d'entre nous morderont à l'hameçon ?

 

Il est bon de rappeler ici que la Direction des Finances Publiques n'envoie jamais ce type de bonnes nouvelles par internet et ne demande jamais le numéro de carte bancaire pour payer ses dettes envers les contribuables... Faites tourner cette information autour de vous !!

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4 août 2010 3 04 /08 /août /2010 19:24

On aurait pu penser que l'acharnement contre Eric WOERTH allait cesser quelques jours voire quelques semaines le temps que tout le monde reprenne ses esprits et que la justice fasse son travail. Belle erreur !

 

Libération a cru bon aujourd'hui de lancer une nouvelle affaire, aussi stupide que les précédentes, implicant l'ancien Ministre du Budget. Ce dernier serait intervenu dans un contrôle fiscal suite à la succession de l'artiste César et aurait lancé un dégrèvement de 27 millions d'euros... Alors même que l’exécuteur testamentaire de l’artiste, Alain-Dominique Perrin, président de la Fondation Cartier pour l’art contemporain, est également grand donateur de l’UMP précise le quotidien.

 

Inutile de répondre sur le fond puisqu'Eric WOERTH a largement prouvé la manipulation journalistique et Alain-Dominique Perrin a demandé à bénéficier d'un droit de réponse demain.

 

En revanche je veux pointer du doigt ici la présentation particulièrement malhonnête des choses effectuée par Libération.

Ainsi dans l'article Le coup de pouce d'Eric WOERTH à la famille César, on peut lire une phrase prononcée par l'ancien Ministre du Budget : "Je n’ai jamais déclenché de contrôle fiscal, comme je n’ai jamais empêché un contrôle fiscal".

 

Puis vient le commentaire de l'auteur de cet article :"Libération peut révéler qu’Eric Woerth est directement intervenu dans un contrôle fiscal, celui de la succession du sculpteur César, à la suite de ses pourparlers avec l’exécuteur testamentaire de l’artiste, Alain-Dominique Perrin, président de la Fondation Cartier pour l’art contemporain et grand donateur de l’UMP. L’intervention du ministre s’est traduite en 2008 par un dégrèvement fiscal de 27 millions d’euros sur la succession du sculpteur, sans compter les pénalités de mauvaise foi, effacées elles aussi."

 

A la lecture de ce commentaire j'ai cru qu'il s'agissait d'une erreur, d'une coquille qui allait être corrigée rapidement avec des excuses. Là encore belle erreur ! Après les explications d'Eric WOERTH et sa condamnation légitime de ce type de procédés, Libération persiste et signe dans un article titré Succession César : Woerth secouru par le ministère du travail... et par Jack Lang.

On peut ainsi lire cette phrase : "Le ministre avait certifié qu’il avait pour doctrine de ne pas intervenir dans les contrôles fiscaux, et son courrier, que nous publions ici, prouve exactement l’inverse : il est intervenu. Il l’a fait à l’initiative d’Alain-Dominique Perrin, président de la fondation Cartier, exécuteur testamentaire du sculpteur, et grand donateur de l’UMP. Ce point, qui n’est pas contesté, pose la question des jeux d’influence et du conflit d’intérêt auxquels s’exposait le ministre du budget, en restant trésorier du parti présidentiel."

 

Voilà Libération en flagant délit de manipulation de l'opinion. Eric WOERTH n'a pas pu intervenir dans le contrôle fiscal de la famille César pour une raison logique... Le contrôle fiscal a déja eu lieu (en 1998 !), plus précisément la procédure de vérification est close puisque les redressements sont notifiés et maintenus dans un premier temps par l'Administration. Nous ne sommes donc plus dans un contexte de contrôle fiscal, nous sommes dans un contexte de contentieux et de recours. Ainsi faire une analogie entre Mme BETTENCOURT et les héritiers de César n'a aucun sens. Dans le premier cas la presse a soupçonné l'ancien ministre du Budget d'empêcher un contrôle fiscal (il a d'ailleurs été prouvé sur ce blog que ce soupçon n'avait aucun sens fiscal). Dans le second cas la procédure de contrôle fiscal est close et le recours au ministre n'a absolument rien d'illégal, surtout si sur le fond de l'affaire on a des éléments probants à apporter, ce qui est le cas de la succession César (une décision de justice dans une affaire qui rend caduque la procédure fiscale).

 

En définitive écrire que Monsieur WOERTH est directement intervenu dans un contrôle fiscal est un mensonge éhonté. Est-ce cela le journalisme ?

 

 

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19 juillet 2010 1 19 /07 /juillet /2010 21:43

Ce week end j'ai pu entendre à la radio un journaliste se demandant comment un retrait de 150 000 € n'avait pas pu être repéré par Tracfin... L'air de dire qu'il y avait forcément un certain ministre à l'époque qui avait pu couvrir et surtout faire disparaître cette information.

Encore un flagrant délit de dénonciation calomnieuse sur la base d'un fait qui n'a pas pu exister...

En effet le Ministre ne pouvait faire disparaître une telle information pour la simple et bonne raison que Tracfin ne l'avait pas. Rappelons ici que Tracfin ne travaille que sur les virements de compte à compte et ne s'occupe absolument pas des retraits. En effet si l'alimentation de ses comptes peut être illicite, toute personne a la liberté de retirer son argent et d'en disposer comme elle l'entend.

 

A quand un journalisme d'investigation sérieux et compétent ?

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8 juillet 2010 4 08 /07 /juillet /2010 22:33

La supercherie commence à poindre... A force d'écrire n'importe quoi sans aucune morale certains médias se trouvent aujourd'hui un peu gênés... Les "Une" sont moins spectaculaires, voire mieux : "l'affaire" Woerth Bettencourt est reléguée en troisième sujet. La canicule est un sujet bien plus important... Et sans doute bien opportun pour cacher les journalistes grillés !

 

Cette affaire, si on peut appeler cette tempête médiatique comme cela, me fait terriblement penser à l'affaire Baudis, accusé à l'époque d'avoir commandité des meurtres... Plus c'est gros plus ça marche... Tête baissée certains médias avaient repris à leur compte des témoignages aussi bidons que pathétiques tout en donnant plus de valeur aux écrits d'un détenu qu'à l'honneur d'un homme.

 

Aujourd'hui il n'est heureusement pas question de meurtres. On parle de fraude fiscale, de financement de partis et d'hommes politiques et de conflit d'intérêt. Sauf que comme je l'ai déjà écrit tout ceci ne tient pas la route. Voici quelques reprises d'articles avec des compléments :

 

 

1/ Un ministre peut-il couvrir de la fraude fiscale ?? 

Pour répondre à cette question les journalistes se sont adressés aux syndicats des agents des impôts qui ont répondu que cela pouvait arriver sans que la période Woerth fasse l'objet de remontées du terrain particulières de la part des agents.

Pourtant il y avait quelque chose de simple à faire pour répondre à cette question : lire le Code Général des Impôts. Puisque les médias ont révélé que deux comptes en Suisse et une île n'avaient pas été déclarés, on comprend que la fraude suspectée relève de l'I.S.F.. Or en matière d'I.S.F. la prescription est de six ans pour les biens non déclarés nécessitant des recherches lourdes de la part de l'administration fiscale. Ainsi que veut bien vouloir dire l'accusation de "couvrir une fraude fiscale" dans un contexte où le délai de reprise de l'administration est supérieur à la durée d'une législature ? Supérieur à la durée moyenne d'un poste de ministre à Bercy ? Aucun sens. Au surplus dire à ses agents de ne pas s'occuper d'un dossier, c'est le rendre de facto très intéressant. On imagine aisément que dès le départ d'un Ministre protecteur, les agents des impôts doivent se précipiter sur le dossier en question pour savoir pourquoi il ne fallait pas le regarder...

 

 

2/ Ne pas déclarer deux comptes en Suisse et une Ile, est-ce de la fraude fiscale ??

Il se trouve que ni le Ministre du Budget ni l'administration fiscale (et encore moins les journalistes) n'ont le pouvoir de qualifier un acte répréhensible, lié à l'assiette ou au recouvrement de l'impôt, de "fraude fiscale". En effet après un contrôle fiscal, donnant parfois lieu à des pénalités très lourdes (80% des droits pour des manoeuvres frauduleuses comme la fausse facturation), l'administration peut décider d'assigner le contribuable au pénal et ce SUR AVIS CONFORME de la Commission des Infractions Fiscales. Dès lors écrire que Mme Bettencourt a commis une fraude fiscale est non seulement un mensonge (puisque la Commission ne s'est pas réunie et qu'aucun procès n'a eu lieu) mais cela enlève à Mme Bettencourt une garantie fondamentale en faisant pression sur les membres de cette commisson si elle doit se réunir un jour.

Au surplus MEDIAPART a cru tenir le scoop du siècle en expliquant que Mme Bettencourt avait en plus été bénéficiaire du bouclier fiscal, en touchant 30 millions d'euros. Si cette affirmation est exacte alors on doit remercier Mme Bettencourt de n'avoir pas déclaré les deux comptes en Suisse et l'ïle... Effectivement en déclarant ces biens elle aurait payé certes bien plus d'I.S.F. mais de l'autre côté, par voie de conséquence fiscale, elle aurait touché un plus gros chèque du Trésor public au titre du bouclier fiscal... L'argument est imparable ! Ainsi prétendre que Monsieur Woerth a empêché le contrôle fiscal du dossier Bettencourt pour remercier la contribuable d'avoir fait un chèque de 7 500 € n'a littéralement aucun sens !! Pour remercier un contribuable bénéficiaire du bouclier fiscal, la seule méthode est d'organiser un contrôle fiscal bidon pour augmenter l'impôt dû... Mais là on est dans du roman, dans un film... un peu dans le tsunami médiatique du moment à titre de comparaison. On voit d'ailleurs à cette occasion, mais je l'avais déjà fait remarquer, que les journalistes n'ont toujours rien compris au bouclier fiscal puisqu'ils n'ont pas vu que leur supputation n'avait aucun sens.

 

3/ Est-il possible qu'un dossier fiscal ne soit pas contrôlé pendant 15 ans ??

Là encore les journalistes racontent n'importe quoi. Il faut dire qu'ils n'ont pas été aidés par certaines déclarations d'un avocat. Mais un minimum d'intelligence permet de se rendre compte que le non contrôle pendant 15 ans est impossible. Pourquoi ? L'administration fiscale vous informe t-elle quand elle contrôle votre dossier ?? La réponse est non si elle ne trouve rien... Et si elle trouve quelque chose du bureau et qu'il y a un enjeu important comme dans ce dossier elle se déplace avec un contrôle fiscal externe. Ainsi l'avocat a confondu contrôle du bureau et vérification sur place. S'il est tout à fait possible qu'aucune vérification de la situation fiscale personnelle n'a été menée pendant 15 ans, il est tout à fait exclu qu'aucun contrôle des pièces de ce dossier n'ait eu lieu pendant cette période. Alors on dira : mais pourquoi s'il y a eu contrôle les deux comptes en Suisse et l'île n'ont pas été trouvés par l'administration fiscale ? Parce que l'administration fiscale n'a pas de pouvoirs magiques !! Dès lors que l'on cache deux comptes en Suisse pour que le fisc ne tombe pas dessus... Alors le fisc ne tombe pas dessus !! Il est quand même absolument étrange que dans ce débat on soit obligé d'enfoncer des portes ouvertes... Et l'île, détectée par la justice qui en a informé l'administration fiscale ? La réponse va être rapide : il y a un bureau des hypothèques aux Seychelles ? Difficile de dire le droit sans possèder des actes.

 

4/ Et le conflit d'intérêt entre la fonction de trésorier et de ministre du budget ?

L'argument fait mouche chez les éditorialistes : rencontrer les bienfaiteurs de l'UMP alors même que l'on gère l'administration fiscale est digne du conflit d'intérêt... En matière d'argument nul on peut difficilement faire mieux. Dès lors que le Ministre du Budget mange avec un Français, alors il y a conflit d'intérêt si on part de ce principe... Puisque chaque Français est un contribuable en puissance. Comment peut-on sortir de cette situation ??

 

 

Avez-vous d'autres questions ? Sur la comptable par exemple ? Les événements parlent d'eux-mêmes et ont confirmé l'adage vu plus haut : plus c'est gros plus ça marche ! Et si on laissait les personnes compétentes dire le droit, pour une fois ??

 

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5 juillet 2010 1 05 /07 /juillet /2010 23:02

Un sondage de Libération indique aujourd'hui que 64% des Français considèrent que la classe politique française est corrompue... Non, pas possible ! C'est exactement ce que je pressentais dans un article précédent. Dès lors que l'on jette la suspicion sur Eric WOERTH au sujet d'une affaire qui n'existe pas, la conséquence devient évidente : tout le monde est pourri. Comme j'ai pu l'écrire, si un ministre trésorier pose problème alors un élu local trésorier d'une section locale d'un parti politique pose problème aussi. Le ministre mange avec un entrepreneur ? L'élu local aussi. Bref tous les coups portés contre Eric WOERTH sont des coups portés contre le personnel politique. Voilà pourquoi l'opposition, en criant avec les loups dans l'espoir de profiter politiquement de l'occasion, participe malgré elle à  la perte de confiance envers les élus.

Bref, la meilleure façon de sortir par le haut de ce climat est de laisser la justice faire son travail. Si d'avance on peut affirmer que cette évidence ne sera pas respectée par les médias, on peut peut-être espérer que la classe politique se discipline et prenne de la hauteur de vue. L'été dira si cet espoir est déçu ou non.

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1 juillet 2010 4 01 /07 /juillet /2010 23:21

Après avoir raconté absolument n'importe quoi ces derniers jours et créé de toutes pièces une affaire qui n'existe pas, le site MEDIAPART vient de saborder lui-même son entreprise de déstabilisation. Il a cassé son jouet.

 

Il était temps de mettre fin à cette cabale affreuse, somme de circonstances ridicules (Mme BETTENCOURT fait un chèque pour financer un parti politique) et de faits tronqués. Un exemple ? Pas de problème : affirmer que la justice avait informé Eric WOERTH en janvier 2009 sur la fraude fiscale de Mme BETTENCOURT a été le point d'orgue le week-end dernier d'une manipulation éhontée. En effet la justice n'a jamais rien fourni sur Mme BETTENCOURT à l'Administration fiscale comme l'a expliqué M. PARINI, Directeur Général des Finances Publiques. Le dossier concernait uniquement François-Marie BANIER.

 

Mais revenons au sujet. L'affaire fait définitivement pschiiiiiiiiiiittttttttttt aujourd'hui grâce aux "révélations" de MEDIAPART. En effet le site de désinformation croit savoir que Mme BETTENCOURT avait touché plus de 30 millions d'euros au titre du bouclier fiscal. Oui, vous comprenez bien la démarche : à une affaire d'Etat le site veut ajouter un problème moral, celui d'un remboursement d'impôt plus que généreux. Bizarrement la somme précise des impôts payés par la milliardaire après bouclier fiscal n'est pas livrée en pâture.

Sauf que si MEDIAPART dit vrai sur la somme restituée alors il n'y a plus affaire d'Etat... Car il n'y a plus fraude fiscale, c'est à dire un manquement déclaratif de base taxable portant préjudice au Trésor. En effet en déclarant correctement les deux comptes en Suisse et l'Ile à l'I.S.F., Mme BETTENCOURT aurait payé certes plus d'I.S.F. mais l'Etat aurait dû lui restituer par la suite d'autant plus d'argent par le biais du bouclier fiscal. Ainsi, en pleine disette budgétaire, cette affaire pitoyable va avoir comme conséquence de creuser un peu plus le déficit !! Nul doute effectivement que la régularisation fiscale évoquée par les proches de Mme BETTENCOURT va s'accompagner à la sortie d'un joli chèque du Trésor pour la milliardaire... On dit merci qui ?? Merci Edwy PLENEL. Merci MEDIAPART. Bravo ! C'est du bon boulot de journaliste !

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29 juin 2010 2 29 /06 /juin /2010 22:09

Eric WOERTH est donc la proie politico-médiatique du moment et l'une des questions qui est posée est de savoir si un Ministre du Budget peut occuper la fonction de trésorier d'un parti politique.

 

En prenant du recul on s'aperçoit vite que la réponse n'est ni juridique ni morale. Elle est tout simplement logique.

 

Si on devait interdire ce cumul de fonction, alors cela concernerait beaucoup de monde. Je veux bien entendu parler des élus locaux qui occupent la fonction de trésorier dans leur section locale : " si tu cotises, tu participeras au chantier de rénovation de l'école X"... Voilà ce qu'un bon citoyen pourrait imaginer ! Bref à ce petit jeu là le parti socialiste n'a absolument aucune crédibilité pour crier avec les loups et pour dénoncer un éventuel conflit d'intérêt.

 

Si on devait interdire ce cumul de fonction, l'"affaire" du moment aurait eu lieu. Mme BETTENCOURT ayant fait un chèque pour financer la campagne électorale d'Eric WOERTH, la suspicion de contrepartie demeure. Cette éventuelle loi d'interdiction serait donc insuffisante : il faudrait en plus interdire à tout ministre du budget de se présenter. Mais ce ne serait pas du tout suffisant ! Il faudrait en fin de compte interdire à tous les ministres de se présenter puisque dès lors qu'ils ont le pouvoir de décider ils sont susceptibles de prendre des décisions favorables à des électeurs et autres donateurs potentiels et ce dans leur domaine de compétence. Toutefois force est de constater qu'à ce petit jeu là aucun sortant ne pourrait se représenter (conseiller municipal, général, régional voire même un parlementaire ayant obtenu une décision favorable pour un citoyen électeur).

 

Si on devait interdire ce cumul de fonctions, absolument rien ne garantit l'absence d'interventions dans les coulisses. Puisque tout le monde se fait des films sur d'éventuelles interventions d'Eric WOERTH, alors je vous propose d'en tourner un (enfin un très très très court métrage !). Regardons par exemple ce Ministre du Budget du pays X et le Trésorier du parti majoritaire de ce pays X discuter ensemble :

- Ah faut que tu m'arranges un coup là. Tu sais l'industriel Y, il est en plein contrôle fiscal... Il menace de rendre sa carte si on ne lui prête pas plus d'attention...

- J'ai compris le message... C'est comme si c'était fait. 

No comment.

 

Voilà pourquoi la polémique actuelle est stérile. Voilà pourquoi parler de conflit d'intérêt ne résout rien. Soit on fait confiance au personnel politique, soit il n'y a aucune solution pour éviter toute suspicion ! La moralisation de la vie politique que beaucoup appellent de leurs voeux est... un voeu pieux. Pire que cela : c'est un air du pipeau de Hamelin qui emmène le personnel politique et médiatique vers la démagogie, le populisme, l'extrémisme et la mort de la notion même de mandat politique basée sur la confiance. Inventer une affaire cousue de fils blancs ou en tirer un profit politique est aussi dangereux pour la démocratie qu'une affaire de cigares à 12 000 €. Chacun doit prendre ses responsabilités, les médias manipulateurs au premier chef.

 

 

 

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