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21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 23:09

C'est avec un certain effroi que j'ai vu ce soir, veille du premier tour, deux faits de manipulation de l'opinion. Je ne sais si cela aura un impact véritable sur le résultat de demain mais je souhaite ici les dénoncer.

 

La chaîne L.C.P. a en effet diffusé ce soir l'émission Ca va Ca vient qui avait pour thème le vote ouvrier. Le téléspectateur a pu y voir un Nicolas Sarkozy caricaturé et un appel à ne pas voter pour lui. Quand même !

 

Le pire est venu d'ailleurs. Le site internet d'un quotidien belge (pourtant sérieux habituellement) a publié le résultat des bureaux de vote de Londres à 17h38... Alors que les bureaux de vote londoniens ne seront ouverts que demain dimanche à 9 heures. Ces résultats sont donc de pures inventions.

 

Dans un contexte où l'heure de la publication des résultats le jour J fait débat, la moindre des choses aurait été que les médias français et étrangers soient le plus vigilants possible la veille du scrutin.

 

 

 

 

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2 avril 2012 1 02 /04 /avril /2012 22:46

Les tueries de Toulouse et de Montauban sont absolument épouvantables et j'avoue ne pas bien comprendre comment des internautes peuvent chercher des responsables ou un éventuel manque de compétence sans rien connaître du sujet. Ainsi je ne surprendrais pas mes fidèles lecteurs en écrivant que je fais totalement confiance à la justice et aux forces de l'ordre. D'ailleurs on ne le dit que trop rarement mais la France est la référence mondiale en matière d'"intervention" et nombre de pays nous demandent chaque année de former leurs personnels.

 

Dans cette séquence troublée, il était appréciable de voir une République rassemblée et unie. Certes il y a eu quelques fausses notes mais dans l'ensemble tous les candidats à la présidentielle ont respecté l'essentiel.

Pour autant cette semaine folle m'a permis de confirmer mes doutes sur le jeu d'acteur de François HOLLANDE. Le candidat socialiste jouait déjà un rôle de l'homme ferme et sérieux sur les plateaux télé et cette attitude tranchait nettement avec le premier secrétaire du P.S. bonhomme que l'on avait connu. Combien d'heures de communication et de gestuelles ont été administrées à Monsieur HOLLANDE pour en arriver là ? Mystère. En tous les cas la retenue n'a pas été son point fort à la cérémonie de Montauban : en plus d'une arrivée avec femme et sous-fifres aspirants, ses minauderies n'en finissaient plus. Un journaliste a cru voir une stature présidentielle là où il fallait voir simplement une triste caricature.

 

Les jours ont depuis passé et les sondages montrent une tendance à la baisse pour le candidat socialiste. Il faut dire qu'à sa campagne d'une mièvrerie repoussante s'ajoute une concurrence sur sa gauche qui se fait de plus en plus pressante. Alors, au lieu de montrer un formidable dynamisme susceptible de soulever les montagnes, François HOLLANDE prend l'attitude du LOSER en appelant au vote utile dès le premier tour. Comment un candidat incapable de dynamiser sa campagne peut dynamiser notre pays ? Est-ce le signe qu'il va le dynamiter en cas de victoire ?

 

En fin de compte c'est Nicolas SARKOZY qui a eu raison lorsqu'il a parlé de lui-même dans ses premiers meetings. Il a de l'énergie à revendre, il est né comme cela... Et comme il le dit si bien, il n'en a aucun mérite, c'est un don du ciel. J'ajouterais pour ma part qu'il n'existe aucun cours...

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18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 15:20

Depuis mon message sur les propositions socialistes, on aurait pu penser que François HOLLANDE allait montrer un peu plus de réflexion dans ses déclarations. Le programme étant annoncé et publié, il ne pouvait pas revenir en arrière. Mais à ses tribunes il aurait pu se contenter de dérouler ses 60 mesures ineptes plutôt que de faire des annonces fumeuses supplémentaires qui ne font que faire douter un peu plus sur ses compétences. Reprenons alors :

 

France 2 jeudi dernier : "l'imposition à 75% ne sera pas modulée mais dès que je rétablirais l'impôt sur la fortune le plafonnement de 85% sera rétabli également."

La mesure de l'imposition à 75% pour les Français déclarant plus d'un million d'euros de revenus est une véritable hérésie fiscale. Le candidat socialiste considère qu'il s'agit d'une mesure symbolique qui ne rapportera pas grand chose. Totalement improvisée et sans concertation avec son équipe de campagne, des émissaires sont partis voir le showbiz de gauche pour le rassurer. Reste que cette mesure entraînera l'exode des investisseurs et, en plus des pertes fiscales, c'est toute notre économie qui en souffrira. Je note à cette occasion que personne n'a cité les enseignements de la courbe de Laffer qui sont pourtant vus en classe de première : "trop d'impôt tue l'impôt". C'est aussi lors des campagnes électorales que l'on peut jauger le niveau d'une société.

Mesure symbolique ? Et si on appliquait la loi ? Je comprends tout à fait qu'il peut être choquant que des dirigeants gagnent par an l'équivalent d'une cagnotte du loto alors que les résultats de leur société ne sont pas au rendez-vous. De même les écarts dans l'échelle des rémunérations d'une société peut poser question. Mais ces situations sont prévues par la loi sous le vocable de "rémunération exagérée" ou de "rémunération excessive" et il en découle à la clé des redressements fiscaux à la fois chez le dirigeant et chez la société. La jurisprudence existe et des termes de comparaison entre plusieurs sociétés similaires, l'évolution des performances de l'entreprise ou encore l'évolution de la rémunération du dirigeant par rapport à celle de la masse salariale sont autant de critères que l'administration fiscale peut utiliser pour déterminer la part exagérée de la rémunération. Ensuite cette part exagérée additionnée aux cotisations sociales est considérée comme une distribution sans abattement, imposable à l'impôt sur le revenu et taxable aux prélèvements sociaux. En parallèle ce montant excessif et les cotisations correspondantes ne sont plus des charges déductibles. Le résultat fiscal de la société augmente donc et il s'ensuit un rappel d'impôt sur les sociétés. Remettre au goût du jour ce dispositif serait sans doute plus approprié et plus efficace si on voulait réellement s'occuper de certains excès.

Enfin le plafonnement à 85% est un bouclier fiscal qui ne veut pas dire son nom et dont le taux reste pour moi confiscatoire. Il arrive comme un cheveu sur la soupe pour essayer de sauver l'imposition à 75%. Où est la cohérence ? Où est la convergence fiscale avec nos voisins ? Avec quel argent l'Etat va se substituer aux investisseurs privés pour que la machine économique ne tombe pas en panne ? Autant de questions qui se posent après ces propositions improvisées.

 

France 2 jeudi dernier : "je fais une modulation entre les bénéfices qui sont distribués aux actionnaires qui ceux-là seront davantage fiscalisés et les bénéfices qui seront réinvestis dans l'entreprise qui auront une imposition plus faible."

Il faut préciser que cette phrase a été prononcée face à François LENGLET qui l'interrogeait sur l'imposition des bénéfices. Si François HOLLANDE a une nouvelle fois fait preuve d'incompétence fiscale avec cette phrase, je note en plus que le candidat socialiste ment. La mesure dont il parle était présente dans le programme socialiste avant les primaires et elle a été ensuite retirée. Et chacun peut le vérifier sur internet : http://www.lepoint.fr/economie/document-le-programme-economique-et-social-de-hollande-decrypte-26-01-2012-1424142_28.php.

Mais là n'est pas le plus important. Cette mesure traduit une fois de plus l'injustice fiscale entre les entrepreneurs individuels (la moitié des entreprises en France) et les sociétés (l'autre moitié). Les premiers vont connaître une augmentation substantielle de leur imposition au nom de la justice socialiste entre les Français. De plus ils ne pourront pas être concernés par cette mesure puisque le résultat de l'entrepreneur individuel rétribue à la fois le travail et le capital. En revanche les sociétés bénéficieront de cette mesure en plus des allégements promis (taux d'I.S. de 15% pour les petites sociétés). Au-delà de l'injustice, on peut s'interroger sur l'efficacité de cette mesure car en général ce n'est pas la fiscalité qui conduit à décider d'un investissement. A contrario un dirigeant qui s'est saigné en ne prenant pas de salaire pouvait légitimement prétendre à une redistribution juste. Je me suis toujours demandé si les dirigeants socialistes avaient déjà vu un compte d'exploitation et une liasse fiscale dans leur vie. Je n'ai plus vraiment de doute sur la réponse suite à cette campagne électorale.

 

L'incompétence se voit également dans le financement du projet. Il fera l'objet d'un prochain article. A bientôt !

 

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21 février 2012 2 21 /02 /février /2012 22:22

En janvier dernier François HOLLANDE avait confié à Laurent FABIUS la difficile mission de le représenter à l'étranger. Il est vrai que la notoriété du candidat socialiste est proche de zéro dès la frontière franchie et avoir un V.R.P. envoyé sur tous les continents peut finalement être une bonne stratégie.

Cependant celle-ci ne peut marcher que si les hauts dignitaires des pays visités ont l'envie de le rencontrer... On apprend aujourd'hui qu'aucun haut dirigeant chinois n'a voulu s'entretenir avec Laurent FABIUS qui pourtant avait apporté dans ses valises un message de François HOLLANDE. Oui, les dirigeants chinois auraient dû entendre que le candidat socialiste souhaitait une relation positive avec la Chine qui soit "politiquement et économiquement équilibrée"...

 

Faute d'interlocuteurs et de plan B, la conférence de presse a été annulée et la visite du V.R.P. a été écourtée... Quelle sera la teneur des autres voyages de Laurent FABIUS après ce périple jaune ?

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19 février 2012 7 19 /02 /février /2012 15:16

Nul ne sera surpris : je ne partage pas l'idolâtrie médiatique autour de François HOLLANDE. Il aura suffi que l'A.F.P. titre une dépêche "premier meeting réussi pour F. HOLLANDE" pour que toute la presse s'en empare sans aucune originalité et sens critique.

Il y a eu ensuite la présentation du programme par le candidat socialiste et un énième grand oral sur France 2. Là-encore, aucune place pour l'analyse : F. HOLLANDE a une très grande maîtrise des dossiers économiques et sociaux. Puisqu'on vous le dit !!

 

Pourtant un candidat qui explique que la Présidence de Nicolas SARKOZY est la cause de l'augmentation du chômage, d'une croissance faible, d'un déficit commercial monstrueux, d'un déficit chronique, d'une dette infernale et des écarts grandissants de niveaux de vie... est forcément suspect. Cela montre que l'on compte uniquement sur l'anti-sarkozysme primaire pour l'emporter et qu'aucun diagnostic sérieux n'a été établi au préalable. Un journaliste voulant piéger F. HOLLANDE pourrait lui demander alors qu'elles sont pour lui les conséquences économiques et sociales des crises bancaire, de financement de l'économie, de l'arrêt des investissements, de l'envolée des prix des matières premières, alimentaire, monétaire et de l'endettement qui se sont succédées depuis août 2007 dans le monde entier. Je ne me fais pas d'illusion, cette question ne lui sera jamais posée. En revanche l'internaute voit la différence de niveau entre un F. HOLLANDE et un bachelier. Quand le candidat à l'investiture suprême peut s'en sortir avec des raccourcis politiciens, le candidat au bac devra développer une analyse s'il tombe sur ce genre de sujets à son épreuve de Sciences Economiques et Sociales.

 

Notre grand expert de l'économie et de la fiscalité a l'avantage de pouvoir marteler les âneries, les contre-vérités et les inepties sans rencontrer d'opposition. Peut-on toutes les citer ? Cela va être difficile tant elles sont nombreuses mais voici un premier catalogue (car j'anticipe d'autres dérapages économiques dans la campagne) :

 

 

Emission de France 2, face à Alain JUPPE : "qui paie les charges patronales ? Les entreprises. Qui paie la T.V.A. ? Les Français."

Personne n'a dit au grand expert que lorqu'il achetait son pain, les charges patronales étaient comprises dans son prix de revient et donc dans son prix de vente. C'est parce qu'il y a des consommateurs qu'il y a des charges sociales qui sont reversées aux différentes caisses. D'une manière générale toute hausse des prélèvements sur les entreprises fait augmenter le coût de revient et c'est le consommateur qui en paie le prix au final. Par déduction, l'idée de vouloir alourdir l'impôt sur les sociétés pour les grandes entreprises (voir plus bas) est tout à fait inconséquente. Soit elles déplaceront leur siège, soit elles augmenteront leurs prix de vente. C'est ce qu'on appelle la justice sociale socialiste : plus on prélève sur ceux que l'on appelle improprement les puissants (pour montrer son amour du peuple), plus on place le peuple en mauvaise posture devant la caisse enregistreuse.

 

 

Emission de France 2 : "le déficit commercial a explosé sous la droite. Il était à l'équilibre sous Lionel JOSPIN".

Personne n'a dit au grand expert que certes le déficit commercial d'aujourd'hui était fort important mais qu'il s'expliquait à 80% par l'envolée du prix du pétrole. Le baril de pétrole était à 28 dollars durant l'année 2000, il est aujourd'hui à 104 dollars. Pour rappel il a atteint son record le 03/07/2008 à plus de 145 dollars... Autant dire que l'argument du déficit commercial pour discréditer N. SARKOZY est particulièrement malhonnête. Tout comme l'idée que l'élection d'un socialiste serait la solution pour résoudre un problème généré par des variables que le personnel politique ne maîtrise pas.

 

 

Programme de François HOLLANDE : "pour financer notre programme nous réduirons les niches fiscales de 29,1 milliards d'euros".

Comme on l'a déjà vu sur ce blog, réduire les niches fiscales de X euros ne permet pas d'obtenir X euros dans les caisses de l'Etat. Tout simplement parce que les niches amènent de la croissance économique et donc de la T.V.A. et des impôts supplémentaires dans les caisses de l'Etat (comme dans celles des collectivités lorsqu'il s'agit des niches relatives à l'immobilier). Supprimer 29,1 milliards d'euros de niches fiscales va donc entraîner un manque à gagner ce qui permet d'écrire, sans crainte d'être contredit, que le programme du P.S. n'est pas financé.

Qu'il me soit ici permis à cette occasion d'exiger des collectivités territoriales de l'Outre-Mer socialo-communistes de rembourser à l'Etat tous les droits d'enregistrement qu'elles ont touché grâce aux investissements des riches, dopés par ces fameuses niches fiscales injustes.

 

 

Programme de François HOLLANDE : "Je mobiliserai l’épargne des Français, en créant un livret d’épargne industrie dont le produit sera entièrement dédié au financement des PME et des entreprises innovantes. Pour cela, je doublerai le plafond du livret développement durable, en le portant de 6 000 à 12 000 euros."

Celui qui n'aime pas les riches, mais qui a néanmoins besoin des bobos pour l'emporter, a décidé de mettre les pauvres de côté avec cette mesure. Il est en effet assez difficile d'imaginer les bénéficaires des minima sociaux pouvoir placer 12 000 € en totale franchise d'impôt et de prélèvements sociaux.

 

 

Programme de François HOLLANDE : "Je préserverai le statut public des entreprises détenues majoritairement par l’État (EDF, SNCF, La Poste...). Je demanderai à ce que soit adoptée, au sein de l’Union européenne, une directive sur la protection des services publics."

L'interview donnée à la presse anglaise (THE GUARDIAN) le 13 février dernier est, on le comprend bien, trop honteuse pour François HOLLANDE pour qu'il puisse s'en expliquer sur le plateau de Laurence FERRARI. La phrase est nette et traduit bien les convictions de façade du candidat socialiste :  « La gauche a gouverné pendant 15 ans pendant lesquels elle a libéralisé l'économie et ouvert les marchés à la finance et à la privatisation. Il n'y a pas de crainte à avoir. » Bon les Français ont toutes les raisons du monde d'avoir peur mais voilà la finance anglaise rassurée !

 

 

Programme de François HOLLANDE : "Je proposerai la création d’une agence publique européenne de notation."

Voilà une idée qu'elle est bonne ! Il y aurait donc à la sortie, si F. HOLLANCE arrivait à convaincre ses homologues européens après son éventuelle élection, quatre agences de notation. Trois seraient indépendantes et une serait publique dépendant de l'Union Européenne. Peut-être qu'un banquier de gauche (c'est à la mode en ce moment) arrivera à parler à F. HOLLANDE pour lui dire que l'important pour un créancier c'est d'avoir toutes les assurances possibles quant au recouvrement de son prêt. Ainsi si trois agences sont pessimistes sur les capacités d'un Etat à rembourser, l'optimisme partial et politique d'une agence publique n'aura absolument aucun effet sur le sujet. Il s'agit là tout simplement d'un machin de plus visant à drainer les voix gauchistes au second tour sur le candidat socialiste et qui a le doux avantage de n'avoir aucune chance de voir le jour.

 

 

Programme de François HOLLANDE : "La contribution de chacun sera rendue plus équitable par une grande réforme permettant la fusion à terme de l’impôt sur le revenu et de la CSG dans le cadre d’un prélèvement simplifié sur le revenu (PSR). Une part de cet impôt sera affectée aux organismes de sécurité sociale. Les revenus du capital seront imposés comme ceux du travail."

La grande réforme de la fusion de l'impôt sur le revenu avec la C.S.G. est totalement impensable compte tenu du matraquage fiscal et social qu'il va générer. Prenons l'exemple des professions indépendantes qui déclarent à l'impôt sur le revenu un bénéfice industriel et commercial, un bénéfice non commercial ou encore un bénéfice agricole. Ces bénéfices se calculent en retranchant aux recettes des montants de charges justifiés. Parmi ceux-ci, on trouve une partie de la C.S.G. qui est déductible. Ainsi cette réforme va nécessairement enlever une charge déductible aux professions indépendantes puisque la C.S.G. due ne sera plus calculée par type de revenus mais de manière forfaitaire sur le revenu global des ménages. Il s'ensuit, toutes choses égales par ailleurs mais la charge de la C.S.G. déductible en moins, que les professions indépendantes auront mathématiquement un résultat à déclarer plus élevé. Sur celui-là et les autres revenus de leur ménage, s'appliquera un taux fiscal et social unique qui les mettra à genoux.

 

Quand je lis que les revenus du capital seront imposés comme ceux du travail, je comprends que notre grand expert fiscaliste n'a malheureusement pas toutes les notions. Il est en effet normal que les revenus du capital soient moins imposés que ceux du travail. Si je prends le seul exemple des dividendes versés aux actionnaires, faut-il rappeler ici qu'il s'agit de sommes qui correspondent comptablement aux résultats après impôts des sociétés ? Cela signifie que les dividendes dont on parle sont des résultats qui ont déjà subi au préalable l'application de l'Impôt sur les Sociétés. En supprimant les abattements prévus à l'impôt sur le revenu sur les dividendes, la création de richesses des sociétés se retrouve alors ponctionnée deux fois de manière totalement confiscatoire : une fois à l'impôt sur les sociétés et une fois à l'impôt sur le revenu. J'en déduis alors, de manière malicieuse peut-être, que pour que les revenus du capital soient imposés comme ceux du travail, il faudrait au préalable supprimer l'impôt sur les sociétés.

 

Enfin, je remarque qu'à force d'opposer fiscalité du travail et fiscalité du capital, on finit par oublier que tout est lié. Si j'augmente la fiscalité du capital cela signifie que pour avoir la même rentabilité après impôt de ce capital, le résultat de la société doit être plus élevé (dans mon exemple). L'une des façons d'y parvenir est de réduire la masse salariale. Le Parti Socialiste incite donc, par cette mesure, à des licenciements. Encore une fois les socialistes veulent capter les voix du peuple avec des mesures "anti-riches" qui finiront par être payées indirectement par ce même peuple en cas d'application.

 

 

Programme de François HOLLANDE : " Je mettrai en place trois taux d'imposition différents sur les sociétés : 35% pour les grandes, 30% pour les petites et moyennes, 15% pour les très petites."

La quintessence de l'incompétence... Celle-ci s'était déjà illustrée à l'occasion des débats sur la suppression de la taxe professionnelle. Le parti socialiste avait alors parlé de cadeaux faits aux riches. Rappelons  ici que la taxe professionnelle était principalement assise sur les immobilisations. Voilà pourquoi, à chiffre d'affaires et à effectif équivalents, une banque (avec principalement des bureaux et des ordinateurs dans ses immobilisations) payait moins de taxe professionnelle qu'une industrie (avec toute une chaîne de production taxable). Ainsi entendre aujourd'hui  le Parti Socialiste faire la leçon sur le monde de la finance et appeler à soutenir la production a quelque chose d'abjecte. Mais là n'est pas le principal. Ce débat autour de la taxe professionnelle avait mis en avant l'intérêt de la valeur ajoutée produite par les entreprises pour asseoir une imposition plus juste entre elles.

Or la proposition de François HOLLANDE passe totalement à côté de cet objectif de justice fiscale entre les sociétés puisqu'une grande société ayant de grands besoins de main d'oeuvre paiera plus d'impôt qu'une holding financière... Où sont les classes populaires dans la stratégie socialiste ? Où est le soutien à la création d'emplois ?

 

Se pose aussi le problème d'effet de seuil puisque plus la société se développe et plus elle devra subir un taux d'imposition élevé. Ainsi soit la société décidera d'arrêter son développement, soit elle multipliera des sociétés soeurs pour partager le chiffre d'affaires et le résultat et ainsi assurer pour chacune d'elles le taux de 15%... Gain pour l'Etat ? 0. En revanche des pertes sont à prévoir.

 

Ensuite, comme il l'a déjà été dit plus haut, toute hausse de la fiscalité sur les grands groupes entraînera des hausses de prix pour le consommateur. Il est étrange de pousser des cris d'orfraie face à la hausse de la T.V.A. (qui s'appliquera à une base H.T. moindre car des cotisations sociales sont supprimées) alors que dans le même temps on prévoit d'augmenter le coût de revient de la production par une hausse de la fiscalité. Mais puisqu'on vous a dit que F. HOLLANDE était un expert, nul journaliste ne l'embêtera avec cela.

 

Enfin et surtout, les récents débats sur la compétitivité de notre pays ont été salutaires tant ils ont mis en avant les difficultés des entreprises françaises à faire face à leur coût de revient. Alors que le gouvernement parie sur la T.V.A. sociale pour rendre nos entreprises plus compétitives face aux entreprises étrangères, le Parti Socialiste crée avec cette mesure une distorsion de concurrence fiscale entre les entreprises françaises. Il y aura ainsi d'un côté les entrepreneurs individuels qui, comme on l'a vu, vont devoir passer à la caisse avec la réforme fiscale de l'impôt sur le revenu promise par le candidat socialiste. De l'autre, il y aura les sociétés qui, je le répète, pourront créer plein d'entités soeurs pour répartir le résultat et n'être soumises qu'au taux réduit de 15%...

 

 

L'incompétence est donc le trait général de ce programme économique et social. Il a un autre défaut, un peu abordé aujourd'hui : il n'est pas financé comme un prochain article le montrera.

 

 

 

 

 

 

 

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10 janvier 2012 2 10 /01 /janvier /2012 22:04

Il est rare que je prenne la plume pour brocarder une personnalité. Cependant l'occasion est trop belle après que les militants P.S. de la deuxième circonscription des Vosges aient demandé à l'unanimité que Jack LANG soit leur candidat aux législatives de juin prochain.

Né en 1939, certes à Mirecourt dans les Vosges, on aurait pu penser que les socialistes lui auraient souhaité une bonne retraite. A 72 ans, et fort d'un long périple dans toute la France, personne ne lui en aurait voulu s'il avait décidé de s'arrêter. Conseiller de Paris dans les années 80, député maire de Blois jusqu'en 2000, député du Pas-de-Calais jusquà maintenant...Il ne lui manque que le Sud pour terminer son tour de France.

La loi lui impose de disposer d'un logement dans les Vosges. L'intéressé a fait savoir qu'il n'abandonnerait pas pour autant sa résidence principale Place des Vosges à Paris... La boucle est bouclée.

 

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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 22:25

Très chers lecteurs,

 

Je vous souhaite une formidable année 2012 ! Que votre santé soit excellente et que tous vos souhaits se réalisent !

 

Cette année sera particulière puisque des échéances électorales d'importance auront lieu au printemps. Puis, quel que soit le candidat élu en mai, des réformes fiscales et sociales seront nécessairement engagées à compter du second semestre.

 

J'émets donc le souhait d'avoir suffisamment de temps pour contribuer au débat et pour apporter mon point de vue, qui, comme vous le savez, demeure original (cf. mes articles sur les niches fiscales). 

 

Et puis comme d'habitude, entre mes articles sur la vie politique, je glisserai en avril et en mai des posts fiscaux pour vous aider à remplir vos déclarations d'impôt sur le revenu.

 

L'année sera donc bien chargée et animée ; j'espère qu'il en sera également ainsi pour les activités de ce blog. A bientôt !

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23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 14:41

Les quatre dernières semaines ont été particulièrement pénibles pour moi. J'ai vu la France sombrer dans l'omission, la manipulation, le simplisme, la bêtise et le manque de réflexion. Les habitués de ce blog diront que tout cela n'est que la continuité d'autres événements puisque ce n'est pas la première fois que je manifeste mon courroux ! Sauf que tout est affaire de degrés. Et là je bous...

 

Ces quatre semaines ont commencé, souvenez-vous, par une affaire de malettes de billets bien remplies ayant servi à financer la campagne électorale d'Edouard BALLADUR en 1995. Je n'en sais pas plus que vous sur cette affaire. En revanche  puisqu'il y a une intention de créer un lien entre des rétrocommissions non touchées et l'attentat de Karachi du 8 mai 2002, des écrits ont clairement mis en cause le Juge BRUGUIERE. Il aurait sciemment orienté son enquête sur les réseaux islamistes alors même qu'il avait reçu des informations sur des pratiques financières douteuses. Ne connaissant rien non plus sur les circonstances de cette enquête, je me permets ici de donner des informations utiles suite à mes recherches. Ces informations, connues des médias, n'ont pas été rappelées quand le Juge BRUGUIERE a été mis en cause. Alors rappelons les :

- le 23 janvier 2002, le journaliste Daniel PEARL, du Wall Street Journal, est enlevé par un groupe islamiste à Karachi.

- le 21 février 2002, le journaliste est déclaré mort. Il était accusé d'être un agent juif du Mossad et de la C.I.A..

- le 8 mai 2002, 11 Français trouvent la mort dans l'attentat dit "de Karachi".

- le 14 juin 2001, 11 personnes sont tuées à Karachi dans un attentat à la voiture piégée devant le Consulat des Etats-Unis. Revendiqué par un groupe islamiste, il s'agit du cinquième attentat visant des étrangers au Pakistan depuis le 1er janvier 2002. Cela me fait dire que l'attentat dit "de Karachi" est une dénomination impropre puisqu'il y en a eu au moins deux.

Comme le Juge BRUGUIERE a quitté la Magistrature et s'est présenté sous l'étiquette U.M.P. aux législatives de 2007, on comprend bien pourquoi son enquête est objet d'attaques. Reste qu'à la vue des éléments précédents il lui était fort difficile de ne pas travailler sur la piste islamiste.

 

Le Sénat est ensuite passé à gauche. Une première dans la Vème République. Cette Victoire était annoncée depuis les élections régionales de 2010 et au soir des cantonales de 2011. Pour ceux qui en doutent encore ils peuvent retrouver les images de ces soirées électorales sur internet. Dès lors il n'y avait pour ma part aucune surprise. Non. Ma surprise est venue après. Le Président sortant du Sénat, Gérard LARCHER, a émis son intention de se présenter à nouveau à la Présidence dans l'espoir de conserver sa fonction. Bronca ! Des sénateurs P.S. ont crié au déni de démocratie. Comment ? La gauche est majoritaire et l'U.M.P. espère encore pouvoir emporter la Présidence ? Le délire se poursuit quand les journalistes ont repris cette idée du déni de démocratie pour interroger des responsables de la majorité. Une fois encore ils n'ont pas su répondre correctement à cette question. Pourtant cette question du déni de démocratie fait honte aux sénateurs et aux journalistes qui l'ont soulevée. Le déni de démocratie est ailleurs. Il réside dans le fait de trouver antidémocratique le fait que le Président sortant se représente et ce au seul motif qu'il puisse l'emporter... démocratiquement dans l'urne... Le monde à l'envers !!!  Mais dans quel pays sommes nous ?? L'U.M.P. a sans doute de grands défauts mais au moment de l'élection du Président de l'Assemblée Nationale en 2007, elle n'a pas poussé des cris d'orfraie quand le P.S. présentait un candidat en espérant gagner le "perchoir".

 

C'est autour de la primaire socialiste d'occuper le terrain médiatique. Les commentateurs nous disent que les débats étaient sérieux et intelligents. Difficile de mieux servir la soupe. Pourtant les débats d'avant le premier tour ne pouvaient être que creux et inutiles puisque tous les candidats avaient signé le projet initial du Parti. La primaire s'est donc résumée à un concours de beauté où devaient ressortir des "nuances" (sic) et des "différences dans les priorités" (resic). Puisque les participants à ce concours nous expliquaient que ce processus était moderne, l'admiration des journalistes se ressentait de leurs yeux jusqu'à la pointe de leur plume. Curieuse modernité qui consiste à copier un processus américain qui date de plusieurs décennies. Mais l'admiration s'est muée en exaltation au soir du premier tour où j'ai pu intérieurement me dire que cette journée était effectivement historique. J'avais pour la première fois l'impression de vivre dans une République soviétique. Plus de 2,5 millions d'électeurs, il fallait nécessairement reconnaître ce beau succès démocratique et participatif. Pourtant comme la gauche a gagné quasiment toutes les villes aux élections municipales de 2008, elle n'a rencontré que peu d'obstacles pour mettre en place ses 10 000 bureaux de vote. 250 bulletins en moyenne par bureau, c'est finalement peu mais beaucoup par rapport à l'autre concours de beauté organisé chaque année. Effectivement un peu moins d'un million de Français participent à l'élection de Miss France. Pour enfoncer le clou, car il faut nous la vendre cette primaire, on nous dit que le candidat socialiste sera légitime. L'argument paraît tellement évident qu'il ne l'est pas. Je ne me souviens pas dans l'histoire de notre Vème République que l'on ait mis en doute la légitimité d'un candidat à l'élection présidentielle. A partir du moment où le candidat a un programme susceptible d'obtenir la signature de 500 grands électeurs, il est de fait légitime ; nul besoin de mobiliser les Français pour cela.

Et le deuxième tour ? Le débat qui l'a précédé était encore plus nul que les précédents. L'un est plus rassembleur que l'autre car il a neuf points de plus... L'autre est plus à gauche car elle a neuf points de moins...

François HOLLANDE finit donc par être élu... candidat. Ses premiers discours enflamment les journalistes qui n'en reviennent toujours pas. Non seulement il est capable d'improvisations mais en plus il fait de bonnes blagues. Et le fond ? Magnifique. D'ailleurs l'U.M.P. qui a organisé une convention sur le programme du P.S. n'a rien compris, a été ridicule et s'est comportée comme perdante... Les journalistes ont tellement été dans l'extase des débats socialistes que le débat démocratique entre les partis ne les intéresse plus. Le programme du P.S. est intouchable, peut-être parce que chacun sait qu'il ne sera jamais mis en application si François HOLLANDE devait l'emporter. Jacques ATTALI, traité de tous les noms quand il a travaillé pour le Président en place et aujourd'hui soutien de F. HOLLANDE, a déjà précisé qu'un nouveau programme serait présenté en janvier... J'en déduis que François HOLLANDE a été élu candidat sur un mensonge : le projet socialiste de 2012 n'est déjà plus d'actualité.

 

Outre son coût, ce projet socialiste ne répond pas aux problématiques de notre pays. Il est à côté de la plaque. De l'injustice fiscale en France ? 50% des Français ne paient pas l'impôt sur le revenu. 25% sont exonérés totalement de la taxe d'habitation et 25% ont une taxe d'habitation allégée du fait du rapport entre le revenu imposable et le nombre de parts du foyer. Que faudrait-il faire de plus ? 

300 000 emplois jeunes et de l'embauche de fonctionnaires ? Est-ce une échappatoire pour ne pas régler notre problème de coût du travail et in fine de notre compétitivité dégradée ? Quant au "juste échange" cher à Martine AUBRY, je note que les Allemands n'en ont pas besoin, eux.

En définitive ce programme est mauvais car en plus de coûter cher le diagnostic en amont est hors sujet.

 

Que peut-on espérer pour les semaines à venir ? Je ne suis pas exigeant en la matière. Un peu plus de sérieux et d'impartialité nous changeraient déjà la vie...

 

 

 

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22 septembre 2011 4 22 /09 /septembre /2011 17:48

Il fallait bien occuper certains bureaucrates avec un projet consensuel et dans l'air du temps. L'organisation de la nième édition de la journée du transport public est arrivée à point. Il s'agit de faire la promotion du transport public avec des tarifs particulièrement intéressants. Ainsi la S.N.C.F. a pu vendre des billets de train à 1 € ce mercredi 21 septembre. En plus, cerise sur le gâteau, les arrivants en gare étaient accueillis avec un café et quelques douceurs.

 

Voilà un projet sympa sur le papier qui est un véritable fiasco à l'arrivée. D'abord comme cette opération ne vise qu'à convaincre les Français de prendre les transports en commun, l'opération de communication ne concerne absolument pas ceux qui les prennent tous les jours pour aller étudier ou travailler. Ceux-là paient donc leur abonnement mensuel ou annuel comme d'habitude sans avoir la moindre prime ou ristourne sur le mois de septembre. Pire. Ils doivent subir le flot des clubs du troisième âge et des autres M.J.C. qui, forts d'un tarif absolument imbattable, ont eu la bonne idée d'organiser une sortie ce jour-là. La S.N.C.F. a donc vendu des billets à 1 € à foison et sans doute qu'aucune restriction n'a été décidée puisqu'un nombre élevé de voyageurs doit traduire logiquement le succès de l'opération. Inutile de tourner autour du pot : le train que j'ai pris était bondé, comme un métro parisien, au mépris des règles élémentaires de sécurité. Le chef de gare a donc réagi en invitant les voyageurs, en majorité debout, à être raisonnables... Des cars ont été appelés en renfort et ont reçu la consigne de suivre le même trajet que le train. Le chef de gare prend alors soin de préciser : soit des voyageurs descendent, soit le train reste à quai.

Après le mépris des règles de sécurité, le mépris des personnes qui partent travailler... Dans cette situation déplorable et inadmissible, des habitués ne voulant arriver avec plusieurs heures de retard à leur poste de travail, sont sortis, non pas pour prendre un car de tourisme mais leur voiture. Pour ces abonnés à la S.N.C.F., la journée du transport public les a conduit à... conduire leur voiture. Pour les autres, un retard d'au moins 20 minutes a été constaté à leur gare d'arrivée, ce qui correspond au temps de la négociation pour faire sortir du train des personnes qui étaient là pour du loisir. A la gare d'arrivée les quais étaient noirs de monde. Pour ma part, l'épreuve de la sortie du train a été difficile et s'assimile parfaitement à celle du slalom géant : un gamin, une mamie, une valise... jusqu'à une dernière porte attendue : un vélo. Visiblement son propriétaire, casqué et en habit de cycliste, ne devait pas avoir pris le train depuis une éternité puisqu'à quelques mètres de la porte du train il avait le fol espoir de pouvoir monter et ce sans s'interroger sur la capacité de ce Bombardier (ou suppositoire pour les intimes).

Bien entendu la farce se poursuit, cette fois-ci le soir, puisque tout ce beau petit monde doit remonter en sens contraire....

 

Ce fiasco s'explique parfaitement bien en réalité. Le conseil régional fournit les trains sur la base d'études pour connaître la capacité nécessaire et ainsi adapter ses commandes. Comme un train coûte, il y a en temps normal tout juste la capacité suffisante. Organiser une telle opération avec des trains qui sont déjà remplis en temps normal relève de l'incompétence, et plus grave, de l'inconscience.

En ce qui me concerne je sais déjà que pour la prochaine édition de cette farce je ne prendrai pas les transports en commun. D'autres me remplaceront...

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30 août 2011 2 30 /08 /août /2011 22:47

Je sens que je vais encore me sentir bien seul sur le net (et ailleurs) en défendant les niches fiscales. Il s'agit d'un joli diable à défendre en fin de compte. Oh ce n'est pas la première fois que je vais plaider pour son existence puisque j'avais déjà écrit sur le sujet dans mon article relatif à la révolution fiscale de Thomas PIKETTY. Mais que voulez-vous ? Il a fallu un rapport de l'I.G.F. sur les niches fiscales pour qu'un vent de folie souffle sur la France. Les niches fiscales doivent être décapitées tout simplement. Puisqu'on vous le dit !

 

Le débat part alors rapidement sur le terrain politique puisqu'il y aurait d'un côté une droite créatrice de niches fiscales et de l'autre une gauche parfaitement opposée à ce type de dispositifs. C'est en tout cas ce que nous a dit depuis LA ROCHELLE  l'ancien ministre de l'économie et des finances, Michel SAPIN, soutien de François HOLLANDE, qui avait brillé dans le gouvernement BEREGOVOY. Il semble avoir oublié que la gauche a inventé elle-même une cargaison de niches fiscales dont certaines portent même le nom de ministres socialistes du logement tels BESSON ou LIENEMANN s'appliquant dans la catégorie des revenus fonciers. Qu'importe ! 

 

Le problème est ailleurs. Il se trouve dans la malhonnêteté intellectuelle ambiante qui règne dans les questions ou les débats relatifs à la fiscalité. Il semble que quelques évidences aient été oubliées et il est bon ici de les rappeler.

 

1/ Tout d'abord et comme les niveaux de notre déficit et de notre dette l'indiquent, la France mène une politique keynésienne classique en intervenant massivement dans l'économie. On peut dire à ce propos que dans la politique keynésienne il y a trois leviers principaux pour agir "favorablement" sur l'économie : la baisse des taux d'intérêt, la dévaluation et la dépense publique. Si d'ailleurs les trois réunis ou l'un d'entre-eux provoquent de l'inflation le résultat est censé être optimal. Or comme chacun le sait la France ne peut décider, seule en tout cas, de la baisse des taux d'intérêt et encore moins de la dévaluation de l'Euro. De même il est connu que l'Union Européenne mène une politique de lutte contre l'inflation pour améliorer la compétitivité.  Le gouvernement français, comme ceux de l'eurogroupe, ne dispose plus que du levier de la dépense publique pour intervenir dans l'économie et encore à des niveaux d'engagements fixés tant pour le déficit que pour la dette. Dès lors mettre sous les feux des projecteurs 120 milliards d'euros de niches fiscales pour démontrer l'énormité de la somme n'a littéralement aucun sens. Car cette somme ne fait que traduire le dernier levier de l'intervention de l'Etat dans l'économie. Sans les crédits d'impôts sur les équipements favorables aux économies d'énergie et au développement durable, l'Etat aurait-il pu développer ce secteur d'activité porteur d'emplois et d'avenir ? Certainement pas. Ou alors il aurait dû engager les mêmes crédits pour subventionner le secteur ou pourquoi pas, faisons du socialisme, pour créer un secteur public dans cette filière. Quelle que soit l'alternative la conclusion s'impose : toute niche fiscale correspond dans sa dépense à un interventionnisme de l'Etat dans l'économie. A moins de renoncer à cet interventionnisme (pour mener une politique libérale ou néo-classique), les crédits aloués à ces niches auraient été dépensés d'une autre façon mais dans le même but dans l'hypothèse où les niches n'existaient pas. Penser qu'en supprimant 120 milliards d'euros de niches fiscales (ou 90, 50 ou 30) tous nos problèmes de déficit et de dette seraient résolus est donc une escroquerie intellectuelle. Surtout quand cette idée nous vient de socialistes pourtant peu enclin à mener une politique libérale.

 

2/ Ensuite on entend que ces niches fiscales coûtent cher à l'Etat. Voilà le deuxième pan de l'escroquerie intellectuelle. Parler d'un coût brut n'a effectivement aucun intérêt, sauf celui de la désinformation. Ce qui serait bien plus intelligent c'est de parler du coût net, voire dans certains cas (peut-être même la majorité) de parler des gains nets en terme de recettes fiscales supplémentaires. Prenons les niches fiscales relatives aux investissements effectués dans les DOM, évaluées en gros à 800 millions d'euros. Que je sache de la T.V.A. à 19,6% a été collectée, les fournisseurs paieront des cotisations sociales et des salaires (d'où de la T.V.A. et de l'impôt sur le revenu) et leurs bénéfices seront imposés. N'oublions pas le même processus chez les notaires et le paiement des droits d'enregistrement qui profitent largement aux collectivités locales. Elles toucheront ensuite la taxe d'habitation due par les locataires et la taxe foncière due par les propriétaires. N'oublions pas enfin l'augmentation du patrimoine des investisseurs et les conséquences à l'I.S.F.. Bref parler des sorties sans parler des rentrées est parfaitement malhonnête et à tout le moins totalement incomplet.

A l'inverse et par voie de conséquence dire qu'en supprimant les 50 milliards d'euros de niches fiscales jugées inutiles nous n'aurons plus de problèmes de déficit et de dette est totalement faux et irresponsable. En effet supprimer 50 milliards d'euros de niches fiscales c'est mettre à genoux notre croissance et c'est tarir de manière mathématique les rentrées fiscales... Le déficit n'a alors aucune chance de se réduire de 50 milliards d'euros.

 

3/ En outre il y a la fameuse rengaine sur les effets d'aubaine. Comprenez : c'est une aubaine pour les riches car de toute façon ils emploieront toujours du personnel à leur domicile et ils investiront toujours. Je note que s'agissant d'aubaines, nous pouvons mettre le mot au pluriel et lister les bénéficiaires. Il y a d'abord l'Etat qui comme on l'a vu plus haut crée de la croissance économique par son intervention et en retire de larges bénéfices par les rentrées fiscales qui en découlent. Il y a ensuite les salariés qui profitent de l'activité économique générée par les niches. Il y a aussi les caisses sociales qui voient rentrer des cotisations sociales sans parler des collectivités locales qui engrangent les taxes directes locales. Il y a enfin l'Administration Fiscale qui est rassurée : trouver un acte d'acquisition d'un bien immobilier à l'étranger n'est quand même pas chose aisée ; orienter les investissements immobiliers des riches dans les DOM facilite grandement les contrôles de l'I.S.F. et des successions. Bref parler d'aubaine pour les riches pour broyer les niches fiscales est à double tranchant puisque l'on prend alors conscience que ces niches correspondent en fait à des dépenses. Oui les riches peuvent vouloir investir mais ils ont une alternative : dépenser leur argent en France ou à l'étranger. La niche fiscale est donc une formidable aubaine pour l'Etat puisqu'elle permet de générer de la dépense à l'intérieur des frontières. Au delà de ces considérations je trouve assez burlesque de comparer les bénéficiaires de niches en fonction des revenus. Faire des études poussées pour démontrer que les plus riches bénéficient le plus des niches est d'un apport informatif douteux puisqu'il s'agit quand même au départ d'orienter l'argent des Français dans des secteurs d'activité pour soutenir la croissance. Il n'y a alors rien d'étonnant à ce que l'Etat oriente de facto plus l'argent des riches que celui des plus modestes compte tenu des disponibilités des uns et des autres.

 

4/ Enfin il y a un dernier point et non des moindres. Si la France est championne du monde des niches fiscales c'est simplement parce que c'est le seul moyen d'atténuer des taux d'imposition exagérés et confiscatoires. Les médias ont rappelé que la tranche la plus haute de l'impôt sur le revenu était de 44% en Allemagne et de 50% au Royaume-Uni. L'air de dire qu'avec 41% nous pourrions augmenter les impôts des plus aisés... Sauf qu'en Allemagne et au Royaume-Uni ils n'ont pas l'I.S.F. ni des prélèvements sociaux à 12,3%. Ainsi pour se débarasser des niches fiscales peut-être qu'un bon moyen serait de baisser les taux d'imposition. D'ailleurs Jacques MARSEILLE avait démontré qu'en appliquant en France la flat tax (un taux unique d'imposition s'applique sur le revenu et aucune niche fiscale n'existe) à un taux bien inférieur à 41% les riches paieraient davantage d'impôt sur le revenu qu'aujourd'hui. Mais je doute que la tax flat soit dans le projet socialiste.

 

En définitive le sujet de la fiscalité est sérieux et sans doute plus complexe qu'on veut bien le dire. La tromperie des derniers jours est venue du fait qu'on a voulu mélanger lutte contre les déficits et justice fiscale et sociale. Penser que supprimer des niches peut permettre d'atteindre les deux objectifs est une erreur manifeste puisque les niches sont justement faites pour créer de la croissance et ainsi des recettes fiscales et sociales d'un côté et des emplois de l'autre. D'ailleurs si nos performances ont été bien meilleures que les autres durant la crise économique de 2008 et 2009, sans doute que les niches y sont pour quelque chose.

 

 

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