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2 avril 2009 4 02 /04 /avril /2009 23:44

Après la fabrique du crétin de Jean-Paul BRIGHELLI j'ai envie de pousser un coup de gueule sur ce que l'on pourrait appeler la fabrique du mouton à cinq pattes dans l'enseignement supérieur.

 

Les directeurs et autres responsables de formations se doivent de trouver les meilleures stratégies possibles pour assurer une entrée dans la vie active à des étudiants qui demandent un retour sur investissement... Et qui ont la facheuse tendance de choisir leur formation en fonction.
Sur les bons conseils des professionnels des Ressources Humaines, l'enseignement supérieur français axe tout sur le CV. Il faut un bon CV. Mais puisque la différence ne peut se faire sur le parcours estudiantin, puisqu'à diplôme égal toutes les formations se valent (en tout cas cela paraît logique sur le papier),  le jeune diplômé doit faire la différence sur d'autres aspects.

Ainsi on explique en partie le chômage des jeunes par un manque d'expériences professionnelles valorisantes et en rapport avec le diplôme. Qu'à cela ne tienne ! Tous les cursus ont intégré dans leur scolarité, et cela a commencé dès les années 80, au moins une période de stage obligatoire de manière à qualifier la jeunesse avant leur entrée sur le marché du travail.

Malheureusement le chômage des jeunes n'a pas régressé pour autant. Alors il a fallu inventer autre chose. Je ne sais pas trop comment cela s'est passé mais j'imagine qu'un expert en Ressources Humaines s'est manifesté avec une idée révolutionnaire : l'ouverture d'esprit. Vous comprenez, il faut que le student soit open-minded sinon point de salut !
Qu'à cela ne tienne ! Tous les cursus ont intégré dans leur scolarité (bis) la possibilité, voire l'opportunité c'est plus smart, de partir à l'étranger pour valider un semestre ou même obtenir un double diplôme.

Mais cette ouverture sur le monde, organisée correctement et franchement à partir du mileu des années 90, n'a pas forcément donné toutes les armes aux jeunes diplômés pour éviter le chômage.
Alors il a fallu inventer autre chose depuis le début des années 2000... Là non plus, je ne sais trop comment l'idée a germé. Cela se met en place moins facilement car trouver des bons professeurs de chinois ou de japonais n'est pas forcément évident ! Non tous les cursus n'ont pas encore pu aujourd'hui intégrer dans leur scolarité des cours de langues asiatiques... Ce n'est qu'une question de temps sans doute.

En réalité, à force de tout miser sur le CV, l'enseignement supérieur français produit des moutons à cinq pattes et ce dans le même moule. Ah oui, les jeunes diplômés sont bons sur tous les tableaux. C'est peut-être pour cela qu' ils se ressemblent tous.

Face à cette production uniforme et finalement insipide pour les recruteurs, les spécialistes des Ressources Humaines ont trouvé leur dernière marotte. Puisque le savoir-faire est le même quel que soit le jeune diplômé, ce qui compte désormais c'est le savoir-être. Apprendre à être étant difficile à mettre en place on peut se dire qu'au moins les recruteurs ont trouvé le crititère qui va faire la différence.
On peut aussi se dire que cette surenchère sur les acquis est un fiasco ou un beau gâchis si le jeune diplômé ne peut plus avoir la certitude que ses efforts de qualification seront récompensés au seul prétexte d'une poignée de mains moîte.

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Published by l'avocat du diable - dans Réflexions
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1 avril 2009 3 01 /04 /avril /2009 22:34

Tous les arguments sont bons pour flinguer le bouclier fiscal. Le pire c'est que ces arguments font autorité dès lors qu'ils proviennent de personnalités réputées pour leur sérieux.
Prenez Didier Migaud par exemple. Si le Président de la Commission des Finances de l'Assemblée Nationale dit que le bouclier fiscal ne sert à rien "c'est que forcément il a raison". Ses données chiffrées font donc l'objet de dépêches A.F.P. et toutes les rédactions vont les reprendre à leur compte.

Ainsi la semaine dernière, en pleine polémique évidemment, Didier Migaud a cru trouver un argument massue pour enlever le maximum de crédit à ce diable fiscal. Lequel ?

C'est bien simple, les mathématiques ne peuvent se tromper...
En 2005, sans le bouclier fiscal 649 assujettis à l'I.S.F. se sont exilés.
En 2007, avec le bouclier fiscal, 719 assujettis à l'I.S.F. ont pris leurs jambes à leur cou.
Bref le bouclier fiscal ne sert à rien car il y a plus d'assujettis à l'I.S.F. qui quittent la France depuis l'application du bouclier fiscal.

L'argument fait mouche. D'ailleurs personne n'a relevé la supercherie. Pourtant elle saute aux yeux.
En 2005 il y avait 395 000 assujettis à l'I.S.F.. En 2007 il y en avait 528 000... +34% !
Le nombre d'assujettis à l'I.S.F.  exilés a quant à lui augmenté de 11% durant l'intervalle.
Dès lors que la population totale d'assujettis à l'I.S.F. augmente plus vite que le nombre d'assujettis à l'I.S.F. en partance, la démonstration de Monsieur le Président de la Commission des Finances de l'Assemblée Nationale commence à en prendre un coup.
Mais voilà le coup fatal  :
649 sur 395 000 cela représente 0,16% des assujettis. Oui. 0,16% des assujettis à l'I.S.F. a quitté la France en 2005.
719 sur 528 000 cela représente 0,13% des assujettis ! Vous avez bien lu : 0,13% des assujettis à l'I.S.F. a quitté la France en 2007.
En définitive la proportion d'assujettis à l'I.S.F. qui s'exilent a diminué entre 2005 et 2007 ; 719 c'est moins que 649 n'en déplaise à Didier Migaud !!

Est-ce la conséquence du bouclier fiscal ? On ne le saura jamais sauf à constater dans les années à venir des taux de départ inférieurs à 2005, puisque c'est l'année de référence pour l'opposition.

Je terminerai ce propos en remarquant ceci. Il est assez étrange de tirer à boulets rouges contre le bouclier fiscal et de faire remarquer en plus qu'il est peu efficace. Il est certain que le bouclier fiscal serait beaucoup plus efficace s'il faisait consensus. Comment peut-on espérer que des exilés fiscaux reviennent en nombre payer leurs impôts dans notre beau pays alors qu'à la prochaine alternance politique le bouclier fiscal est censé disparaître ?
De plus d'autres éléments entrent en ligne de compte pour choisir de revenir au pays. Est-on certain que le bouclier fiscal est suffisant pour faire revenir en Guadeloupe un millionnaire français exilé à Sint-Maarten ? Les appels répétés à l'émeute ne peuvent que limiter les effets du bouclier fiscal. Bref, l'analyse de l'efficacité est sans doute un peu plus compliquée qu'on ne veut bien le dire.

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Published by l'avocat du diable - dans Plaidoiries
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31 mars 2009 2 31 /03 /mars /2009 22:40
Alors, qu'est-ce qu'un diable pour moi ?

Un diable est une idée, une personne, une communauté, un fait, une réflexion, un système, une chose, une philosophie, etc, si et seulement si il porte en son sein quatre caractéristiques :
1/ être brocadré, malmené, détesté ou encore honni ;
2/ être l'occasion d'une polémique ou d'une tornade médiatique ;
3/ montrer du doigt un diable est à la mode, c'est ce qui se fait de mieux quand on va dîner en ville ;
4/ la critique que subit le diable est souvent portée avec une analyse partielle, tronquée et simpliste ce qui lui permet de se propager à la vitesse d'une rumeur.

Des exemples ? Certainement.
Nicolas Sarkozy et sa majorité, l'euro, l'Europe, la mondialisation, le capitalisme, le Pape, les patrons, le bouclier fiscal... Oui, je sais... J'ai pris du lourd.

Les diables forment-ils tous un ensemble homogène ?
Non. Par exemple Nicolas Sarkozy brocarde l'euro. Le Pape critique la mondialisation. Des membres de la majorité entendent malmener le bouclier fiscal.

Mais les extrémistes de gauche ou de droite, qui se considèrent souvent comme des victimes, entrent-ils dans cette définition ?
Non. En tout cas pas pour moi.
Durant l'année écoulée a-t'on vu beaucoup de reportages sur les méfaits du communisme ?
Tirer sur le Front National, titulaire d'un score divisé par deux, n'est-il pas devenu has been dans les salons parisiens ?
Les propos tenus par les leaders de ces deux courants (comme par exemple l'appel à l'émeute ou le détail de l'histoire) n'ont-ils pas des échos dans l'Histoire qui surclassent toutes analyses circonstanciées dans le cas où ces mêmes leaders se disent victimes de simplifications après leurs écarts de langage?

Se faire l'avocat du diable veut-il dire que l'on peut tout cautionner ?
Non. Après tout l'avocat du diable peut refuser de plaider si sa conscience lui interdit. L'avocat du diable conserve une liberté de pensée totale. On peut très bien apprécier Nicolas Sarkozy sur certains points et pour prendre un exemple cité plus haut, considérer que ses positions sur l'euro sont populistes.
Mais le lecteur devra avoir à l'esprit qu'hurler avec les loups n'est absolument pas l'objectif de ce blog. Cela ne doit pas l'empêcher de jouer le rôle du Procureur si le coeur lui en dit et ce dans le respect du débat et d'une certaine tenue.


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Published by l'avocat du diable - dans Définitions
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